Bilan

Libre passage: faites les bons choix

Quitter son emploi entraîne la nécessité de transférer son 2e pilier vers un compte de libre passage, en attendant de se réaffilier à la caisse de pension d’un nouvel employeur. Conseils.

Le compte épargne est le moins risqué mais il n’offre pas d’assurance décès et invalidité.

Crédits: People Images / Getty

Quand on veut préserver son 2e pilier entre deux emplois, où faut-il transférer son libre passage? «Nous conseillons surtout d’éviter une affiliation par défaut à l’institution supplétive», répond Brenda Duruz-McEvoy, experte en assurances de pension chez Willis Towers Watson. Mieux vaut choisir soi-même la destination de ses avoirs.

Deux choix s’offrent à l’assuré: le transférer sur un compte de libre passage de type bancaire, dont la rémunération est proche d’un compte épargne. «Cette solution est à privilégier si on a l’intention de retravailler rapidement», relève Pascal Frei, expert en prévoyance professionnelle chez PPCMetrics à Nyon.

Si tel n’est pas le cas, il conseille plutôt une police de libre passage auprès d’une compagnie d’assurances: «Son avantage est d’offrir la possibilité de s’assurer contre le risque décès et invalidité, mais au prix d’une rémunération des capitaux inférieure, et de permettre la conversion du capital en rente, si on est proche de la retraite.»

On peut envisager d’investir sur les marchés le capital d’un compte de libre passage, en suivant les mêmes règles qu’un 3e pilier a, pour obtenir de meilleurs rendements. Mais si une reprise d’emploi est prévue, «l’horizon de placement sera court puisqu’il faudrait prévoir d’apporter sa prestation de libre passage dans sa nouvelle caisse de pension, note Brenda Duruz-McEvoy.

Une évolution législative est d’ailleurs attendue afin de donner plus de moyens aux caisses de pension d’exiger l’apport de prestations déjà accumulées.» Le degré de risque peut être adapté via la stratégie d’investissement du produit. «En revanche, met en garde Pascal Frei, on ne trouve pas de comparaison des différents produits, et les informations sur le type de gestion et sur les frais sont peu transparentes.»

Financer une activité indépendante?

Nombre d’ex-employés s’interrogent, en outre, s’il est risqué d’utiliser l’avoir du libre passage pour se lancer dans une activité indépendante. La loi permet en effet de retirer le capital sous forme liquide dans ce but. Pour Brenda Duruz-McEvoy, un tel retrait «est d’autant plus risqué s’il n’a pas été planifié, et qu’il s’effectue quelques mois après le début de l’activité indépendante en raison de difficultés financières».

Pascal Frei le déconseille aussi. «Dans l’absolu, les capitaux de prévoyance ne devraient servir qu’un seul but, celui de constituer un capital pour obtenir une rente à la retraite.» Un retrait en cash se fera donc aux risques et périls de l’assuré.

Enfin, garder son avoir de libre passage sur un compte épargne est l’une des solutions les moins risquées, «surtout pour un horizon de placement court et pour autant que les intérêts servis compensent au moins l’inflation», estime Brenda Duruz-McEvoy. En revanche, cela exclut la possibilité de percevoir les prestations de vieillesse sous forme
de rente et n’offre pas d’assurance décès et invalidité.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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