Bilan

Les valeurs bancaires encore sous pression après le Brexit

Les grandes banques continuaient à subir des pertes marquées lundi. Les assureurs parvenaient plus ou moins à limiter les dégâts.

L'appréciation du franc consécutive au scrutin britannique aura des effets négatifs sur les activités de gestion de fortune, tout particulièrement.

Crédits: Keystone

Les valeurs financières du SMI/SLI subissaient lundi encore une forte pression causée par la décision du Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne. Les grandes banques continuaient à subir des pertes marquées. Les assureurs restaient également dans le rouge, mais parvenaient plus ou moins à limiter les dégâts.

A 14h51, le titre Credit Suisse s'enfonçait de 8,7% à 10,26 CHF, enregistrant un plus bas pluriannuel, et UBS chutait de 6,6% à 12,70 CHF. Julius Baer (-7,9%) piquait aussi du nez. Du côté des assureurs, Zurich Insurance (-2%) et Swiss Re (-1,1%) baissaient aussi nettement.

Dans le sillage du vote en faveur du Brexit, différents analystes se sont empressés de revoir leurs estimations à la baisse pour Credit Suisse et UBS. Les recettes des deux grandes banques devraient être affectées par la décision britannique, selon Deutsche Bank. Les spécialistes de l'établissement allemand ont abaissé en moyenne leurs prévisions de bénéfice pour 2017 et 2018 de 4% pour UBS et de 23% pour Credit Suisse. Pour CS, Deutsche Bank s'attend à des coûts de restructuration plus élevés.

JP Morgan a dégradé la recommandation et l'objectif de cours des deux titres. L'appréciation du franc consécutive au scrutin britannique aura des effets négatifs sur les activités de gestion de fortune, tout particulièrement. La banque américaine prédit également des incertitudes avec un impact sur les recettes.

Pour Citigroup, l'avenir du passeport unique, qui permet à des établissements de fournir des services financiers dans toute l'Union européenne, constitue l'un des aspects cruciaux du Brexit pour les banques d'affaire suisses, qui pourraient recourir au nouveau régime de "pays tiers" pour limiter l'impact. Cette solution ne s'inscrira toutefois pas sur le long terme, avertit la banque américaine.

Nouvelles coupes attendues

Credit Suisse pourrait ainsi procéder à de nouvelles coupes dans les effectifs à Londres, alors que 1100 emplois ont déjà été biffés, selon Citigroup. Pour sa part, UBS pourrait délocaliser les activités de banque d'affaire gérées depuis Londres, vraisemblablement en Allemagne.

L'établissement américain a revu ses estimations de bénéfice par action (BPA) sous-jacent drastiquement à la baisse pour Credit Suisse, soit -34%, -13% et -8% pour respectivement 2016, 2017 et 2018. En ce qui concerne UBS, l'ajustement s'élève entre -6% et -9%. Les analystes prévoient moins de masse sous gestion, d'entrées nettes d'argent dans la gestion d'actifs et des pertes plus lourdes pour la banque de défaisance aussi bien pour UBS que pour CS.

Les estimations de BPA sous-jacent sont réduites de 4-8% pour Julius Bär, en raison d'avoirs sous gestion en recul et des changements sur le marché des devises.

Les assureurs faisaient preuve d'une résilience à peine meilleure face à la forte volatilité des marchés. Malgré un environnement de taux difficile, les multinationales du secteur sont bien capitalisées et devraient mieux résister à la baisse des cours, explique Bernstein dans une note.

Sur le plan opérationnel, Zurich Insurance et Swiss Re sont globalement bien diversifiés et ne devraient pas trop pâtir du ralentissement conjoncturel attendu en Grande-Bretagne, selon les analystes de l'établissement américain. Zurich est exposé sur le marché britannique de l'assurance-vie et Swiss Re avec sa division Admin Re, ce qui explique probablement les chute des cours de vendredi, selon Bernstein.

Exane BNP Paribas a abaissé l'objectif de cours de Zurich Insurance, qui génère 10% de son chiffre d'affaires en Grande-Bretagne, mais qui tient sa comptabilité en dollars.

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