Bilan

Les taux négatifs ont "fait leurs preuves", selon Thomas Jordan

Les taux d'intérêt négatifs introduits par la BNS ont fait leurs preuves en limitant l'appréciation du franc, a estimé le président de l'institut d'émission.

Malgré les interventions de la BNS sur le marché des devises, le franc reste surévalué et cela en raison de la faiblesse de l'euro, a martelé Thomas Jordan.

Crédits: Keystone

Les taux d'intérêt négatifs introduits par la Banque nationale suisse (BNS) pour limiter l'appréciation du franc ont fait leurs preuves, a estimé le président de l'institut d'émission, Thomas Jordan, mercredi dans un entretien à la "Handelszeitung". Les entreprises suisses devraient être en mesure de s'adapter.

Interrogé sur l'introduction de taux négatifs, le président a estimé que ces derniers avaient "fait leurs preuves" en limitant l'appréciation du franc. M. Jordan s'est par ailleurs déclaré "à 100% convaincu que l'abandon du taux plancher a été la bonne décision".

"De nombreuses entreprises s'efforcent toujours de contrer l'appréciation" du franc et se trouvent actuellement sous pression, a indiqué M. Jordan à l'hebdomadaire alémanique. "La tendance constatée jusqu'à présent indique cependant que l'économie sera en mesure de s'adapter", a-t-il estimé.

Selon le patron de la BNS, l'abandon du taux plancher le 15 janvier s'est traduit par moins de suppressions de postes dans l'industrie qu'initialement attendu. M. Jordan a cependant averti que le processus d'adaptation n'était pas encore terminé et que des emplois supplémentaires risquaient d'être perdus en 2016.

Malgré les interventions de la BNS sur le marché des devises, le franc reste surévalué et cela en raison de la faiblesse de l'euro, a martelé Thomas Jordan.

Décision de janvier critiquée

La levée du cours plancher a été vivement critiqué, notamment par le secteur industriel et les petits sous-traitants qui souffrent du manque de compétitivité induite par le renchérissement du franc.

L'économiste américain Joseph Stiglitz avait aussi récemment déclaré à AWP que la levée du taux plancher face à l'euro a été une erreur, estimant qu'"il est injuste de demander à l'économie réelle de payer les conséquences de mouvements de capitaux".

L'ex vice-président de la Banque mondiale avait par contre salué les instruments mis en place par la BNS pour contrer la surévaluation du franc. Les taux d'intérêts négatifs sont un bon instrument, mais qui ne suffira pas à relâcher durablement la pression sur la monnaie suisse, avait estimé le Prix Nobel d'économie.

L'institut d'émission helvétique, qui organise le 10 décembre sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, pourrait abaisser son taux directeur à -1,00%, contre -0,75% actuellement, ont estimé les analystes de Credit Suisse. La fourchette du Libor à trois mois devrait également être abaissée entre -1,50% à -0,50%, contre -1,25% à -0,25% actuellement.

La BNS pourrait également continuer à intervenir sur le marché des devises, pour empêcher une appréciation excessive du franc face à l'euro.

Depuis l'abandon du taux plancher EUR/CHF le 15 janvier, qui conduit à une brusque appréciation de la monnaie helvétique face à l'euro en dessous de la parité, le franc s'est relâché de plus de 9%. La paire évoluait mercredi midi à 1,08171.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."