Bilan

Les taux d'emprunt enregistrent une forte hausse en zone euro

Les taux d'emprunt en zone euro poursuivaient leur spectaculaire remontée jeudi matin sur le marché obligataire.

"La hausse impressionnante du jour est dans la continuité du mouvement observé depuis une semaine, qui est quasi-historique puisqu'on n'a pas vu ça depuis 2008", note Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

Crédits: Reuters

Les taux d'emprunt en zone euro poursuivaient leur spectaculaire remontée jeudi matin sur le marché obligataire, le rendement français repassant au-dessus de 1%, plombés par des mouvements de vente massifs après un très bon début d'année.

"La hausse impressionnante du jour est dans la continuité du mouvement observé depuis une semaine, qui est quasi-historique puisqu'on n'a pas vu ça depuis 2008", note Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

Les investisseurs se détournaient massivement du marché de la dette, ce qui a pour effet de faire plonger le prix des obligations et faire grimper leur rendement.

Il faut dire que le marché obligataire avait connu un grand succès depuis plusieurs mois, permettant aux rendements de toucher des plus bas historiques, notamment grâce à la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

Vers 11H50, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne progressait à 0,721% contre 0,586% mercredi à la clôture, sur le marché secondaire, où s'échange la dette émise.

Le taux de la France bondissait à 1,036% (contre 0,901%), revenant au-dessus de 1% pour la première fois depuis décembre 2014.

Parmi les pays du sud de la zone euro, le taux de l'Espagne progressait à 1,930% (contre 1,895%) après avoir dépassé en séance 2% pour la première fois depuis novembre 2014, tout comme celui de l'Italie à 1,945% (contre 1,917%), dépassant brièvement 2% pour la première fois depuis décembre.

En revanche, celui de la Grèce baissait à 10,978% (contre 11,242%).

"Le marché pense que l'amélioration des chiffres macroéconomiques associé à la remontée des prix du pétrole valident le fait que le programme de rachat d'actifs de la BCE n'est plus nécessaire", explique M. Robin.

"Les investisseurs passent d'un scénario déflationniste à un scénario inflationniste", souligne-t-il.

Le stratégiste juste toutefois "excessive" cette interprétation et estime que le programme de la BCE devrait permettre de maintenir les taux à de bas niveaux.

Le marché était également dans l'attente de plusieurs rendez-vous à risque, avec des élections très incertaines en Grande-Bretagne, dont les résultats ne seront connus que tard dans la soirée.

"Une coalition pourrait être difficile à mettre en place mais il n'est pas évident que l'on ait de vraies réponses demain", selon M. Robin.

Enfin, les investisseurs attendent la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain vendredi.

Un bon chiffre, qui interviendrait après plusieurs indicateurs décevants outre-Atlantique, pourrait alimenter la hausse des taux américains et par ricochet ceux de la zone euro, puisque cela renforcerait la probabilité d'un prochain resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

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