Bilan

Les taux bas affectent les banques cantonales

Le palmarès 2014 des banques cantonales classe Fribourg en tête et la BCV à la 4e place. La BCGE, tributaire de la cherté genevoise et d’un environnement très compétitif, améliore sa position.
  • Crédits: Charly Rappo

A en croire les derniers rapports annuels (2014), les banques cantonales romandes s’en sortent plutôt bien. Deux d’entre elles se placent même en haut du classement suisse en termes de performance (voir le tableau récapitulatif page suivante).

Ainsi, la Banque Cantonale de Fribourg arrive en tête du palmarès pour la 8e année consécutive. Elle bénéficie de notes excellentes pour son résultat intermédiaire et ses charges hors intérêts, ce qui la place en tête des banques cantonales en termes de profitabilité. Elle est également très bien classée pour le bénéfice par employé et la faible proportion de créances douteuses.

Le podium est complété par la Banque Cantonale de Bâle-Campagne, qui a fortement progressé ces dernières années, passant de la 9e place en 2012 à la 2e place en 2014. Elle a notamment bénéficié de l’amélioration de son résultat intermédiaire en pourcentage des revenus ainsi que d’une nette progression de son activité de prêts à la clientèle. 

Quant à la Banque Cantonale des Grisons, elle occupe la 3e place depuis 2012. Elle a maintenu son rang en dépit d’une dégradation de sa note moyenne due à un ralentissement de la croissance de son activité et un moindre rendement des prêts à la clientèle. 

Classée 4e, la Banque Cantonale Vaudoise a quant à elle bénéficié de la progression de ses prêts à la clientèle ainsi que d’une nette embellie sur ses créances douteuses. 

Les autres établissements romands ont connu des fortunes diverses: la Banque Cantonale du Valais est tout juste dans le top 10, alors que la Banque Cantonale Neuchâteloise est une marche en dessous. La Banque Cantonale de Genève s’est améliorée (lire encadré ci-contre), alors que la Banque Cantonale du Jura a été la moins performante des banques romandes en 2014.

En queue de classement, on retrouve la Banque Cantonale du Tessin, après une année 2013 exceptionnelle du fait du rachat intégral de la société AHSA Holding. Elle souffre plus particulièrement de faibles scores en termes de profitabilité et d’efficience.

Des performances 2014 en baisse

Une perspective historique des banques cantonales peut être obtenue en prenant la moyenne annuelle de leurs notes (voir graphique ci-dessus). Après avoir atteint leur pic de performance en 2007 (avec une note moyenne de 4,07), les banques cantonales ont continué à bien performer en 2008, démontrant leur résistance face à la crise financière. Elles ont notamment bénéficié du climat d’incertitude pour attirer de nouveaux clients, rassurés par la garantie d’Etat. 

Les banques cantonales n’ont toutefois pas pu éviter la correction en 2010, lorsqu’elles ont été particulièrement affectées par la baisse des taux d’intérêt. Cette problématique est d’autant plus d’actualité sachant que les activités de prêts représentent aujourd’hui environ 64% du revenu opérationnel des banques. 

Face à ces difficultés, plusieurs banques tendent à diversifier leurs sources de revenus, notamment dans le domaine du private banking qui génère des commissions de gestion. Certaines banques ont ainsi étendu leurs activités au-delà de leur canton respectif, voire à l’étranger, comme la Banque Cantonale de Genève ou la Banque Cantonale de Zurich..

Une autre marge de manœuvre se situe au niveau de la coopération interbancaire: les banques cantonales disposent de leurs propres structures et modèles (par exemple, pour l’évaluation des crédits hypothécaires), ce qui entraîne des coûts supplémentaires. Un effort dans le sens d’une collaboration accrue permettrait de réaliser des synergies.

La principale raison pour la baisse des performances moyennes en 2014 est le faible rendement des prêts (moyenne de 2,9 en 2014 contre 4 sur l’ensemble des dix dernières années). Ce résultat s’explique par le bas niveau des taux d’intérêt, qui réduit la marge bénéficiaire des prêts hypothécaires. 

De plus, même si le bénéfice brut par employé reste dans la moyenne des années précédentes, les charges de personnel par employé se sont relativement accrues. Enfin, on observe que la rentabilité des fonds propres est, en moyenne, moins bonne qu’au cours de la dernière décennie.

A l’inverse, les banques cantonales ont bénéficié en 2014 d’un faible risque de liquidité, comme en témoigne l’augmentation sensible de la part des liquidités dans l’ensemble des actifs. Elles sont également parvenues à diminuer sensiblement la part des créances douteuses dans leur portefeuille de prêts à la clientèle. 

*  Université de Lausanne, Faculté des HEC.

Les informations détaillées sont disponibles sur le site du Center for Risk Management – Lausanne (www.crml.ch).

 

Eric Jondeau

Aucun titre

Lui écrire

Aucune biographie

Du même auteur:

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."