Bilan

Les tarifs des hedge funds restent élévés

Malgré les faibles rendements, les fonds alternatifs n’ont pas significativement réduit leurs commissions de performance.
  • Christopher Hohn dirige le fonds d’investissement The Children’s Investment Fund. 

    Crédits: Peter Macdiarmid/getty images

Les hedge funds ont-ils allégé leurs commissions sous la pression des faibles performances? Selon le Financial Times, c’est le cas. Les hedge funds acceptent davantage les «hurdle rates», c’est-à-dire les seuils de rendement à partir desquels ils touchent des commissions de performance. On trouve les «hard hurdles», où le gérant doit générer typiquement entre 4 et 10% de rendement pour l’investisseur avant de toucher sa commission, mais aussi des seuils plus classiques où le gérant doit générer un certain pourcentage au-dessus du Libor ou du cash.

Le FT évoque l’exemple du Children’s Investment Fund du Londonien Chris Hohn, qui a placé des seuils de performance il y a déjà trois ans, et d’autres qui ont agi sous la pression de gros fonds de pension, moyennement satisfaits des faibles performances et moins désireux de payer le gérant des commissions pour des rendements insuffisants.

Mais selon le site Opalesque, qui suit de près l’industrie alternative, peu de fonds alternatifs auraient introduit récemment des hurdle rates. En réalité, les seuils de performance n’ont pas augmenté, et à ce jour, estime Opalesque, il n’y aurait pas davantage de hedge funds prêts à inclure des hurdle rates dans leur structure de commissions, y compris parmi les nouveaux fonds.

Il faut noter qu’en dehors de l’industrie alternative, et notamment dans l’obligataire, les rendements sont si bas que les investisseurs ont peu d’intérêt à mettre les hedge funds sous pression, car ils sont les seuls – avec le private equity – à pouvoir promettre de la performance.

Un hurdle rate est une sorte de commission au résultat. C’est un seuil fixant le rendement minimal qu’un hedge fund doit générer avant de pouvoir facturer une commission de performance. Si un tel seuil est inclus dans le calcul de la commission de performance, cela veut dire que le hedge fund ne peut toucher cette commission que si son rendement est situé au-dessus d’un niveau prédéfini. 

Peu d’intérêt

Alors que les rendements boursiers n’ont pas été mirobolants ces dernières années et que l’environnement de marché n’a pas été clément pour la gestion alternative, les hedge funds ont actuellement peu d’intérêt à offrir des seuils tarifaires dans leur structure de commissions.

Selon le consultant Preqin, les hedge funds qui ont des seuils ont graduellement abaissé leur niveau ces dernières années afin de grappiller quelques points de base de gains, à l’exception toutefois des hedge funds européens (dont les taux sont déjà relativement bas).

La grande majorité des hedge funds qui continuent d’appliquer des seuils sont «long only», selon la firme américaine Seward & Kissel, citée par Opalesque. En dehors de la catégorie des hedge funds orientés sur le long only, les professionnels n’observent pas d’augmentation du nombre de fonds qui appliquent des seuils. Les investisseurs n’auraient pas non plus exigé de manière significative l’instauration de hurdle rates. Selon Seward & Kissel, les investisseurs auraient davantage négocié à la baisse les commissions de gestion que les seuils d’intéressement.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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