Bilan

Les plus gros coups de trading en 2017

Short dollar, long cobalt, actions d’Enigma, obligations portugaises, bitcoin, et Snap. C’est là où s’est passée l’action cette année, écrit le Financial Times.
Crédits: pixabay

Il eût été plus lucratif de les connaître à l’avance. Toujours est-il que le Financial Times a résumé les plus importants « coups boursiers», ou « trades » en anglais, qui ont marqué l’année écoulée. En général, 2017 aura été une année cadeau, avec une hausse de près de 20% des actions mondiales telles que mesurées par l’indice FTSE Monde. Cela dit, certaines transactions spécifiques ont généré des gains bien plus spectaculaires, relève le Financial Times.

Le cobalt, roi des matières premières

Une matière première, le cobalt, a volé la vedette dans sa catégorie, avec une hausse de plus de 120%, profitant de la demande croissante de véhicules électriques, qui utilisent ce métal dans leurs batteries. La hausse du cobalt a fait monter en flèche les actions des plus gros producteurs, que sont le courtier anglo-suisse Glencore et China Molybdenum.

En septembre, Volkswagen a lancé une offre aux producteurs, visant à s’approvisionner en cobalt pour cinq ans à un prix fixé d’avance. Mais les producteurs, dont Glencore, ont rejeté l’offre, affirmant qu’ils ne faisaient pas de transactions à un prix fixé d’avance. Ajoutant à la pénurie de cobalt, les investisseurs se sont rués sur le métal sur les marchés des matières premières, pariant que les prix monteraient encore.

Un fonds coté au Canada, Cobalt 27, a amassé quelque 2800 tonnes de cobalt, pour une valeur de 209 millions de dollars aux cours actuels. Plus de la moitié du cobalt mondial provient de la République Démocratique du Congo (RDC), où il est parfois extrait à la main par des mineurs artisanaux. Ces pratiques devraient être scrutées de plus près en 2018, à présent que le cobalt a fait son entrée dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques.

Le trade à double tranchant sur Enigma

La spéculation chinoise peut réserver quelques morsures à l’investisseur non averti. En juin 2017, un groupe de petites valeurs interconnectées, cotées à Hong Kong, a connu une chute de cours inexplicable, écrit le Financial Times. Celles qu’on surnomme les sociétés du «Réseau Enigma», identifiées par l’investisseur indépendant David Webb comme ayant des participations croisées les unes dans les autres, ont fait l’objet d’un examen des autorités après que les cours de la moitié des 50 entreprises liées se sont effondrés en une seule journée, le 27 juin 2017, effaçant quelque 6 milliards de dollars de capitalisation boursière. Les entreprises qui faisaient partie de ce réseau avaient des activités diverses, allant de fabricant de parapluies à courtier. Si certains investisseurs se sont brûlés les ailes dans la chute des cours, d’autres, qui avaient shorté les titres avant leur krach, ont réalisé des gains. Les chiffres du fournisseur de données Markit, cités par le FT, révèlent en effet que des investisseurs shortaient certains titres des sociétés Enigma avant leur krach de fin juin. Ceux qui sont restés longs sur les titres d’autres parmi ces sociétés n’ont pas pu, à ce jour, se refaire.

Dette portugaise à nouveau fréquentable

Le Portugal a été l’un des grands gagnants du rebond des obligations souveraines dans la zone euro, lié à l’amélioration des performances économiques de la zone, souligne le FT. Dès lors, il y avait clairement un effet de rattrapage à jouer pour les investisseurs les plus avisés. L’année a commencé avec des rendements de 3,7% sur le 10 ans portugais, pour finir autour de 1,84%. La réduction de l’écart de rendement avec l’Espagne voisine est également impressionnante, l’écart passant de 235 points de base en début d’année à 36 pb pour l’obligation souveraine à 10 ans.

L’investisseur en dette souveraine portugaise aura bénéficié, en particulier, du relèvement en fin d’année de la notation de crédit du Portugal par l’agence Fitch, qui le place à nouveau dans la catégorie «qualité d’investissement» («investment grade»). Désormais, les emprunts de l’Etat portugais se qualifient à nouveau pour entrer dans les grands indices, ce qui, souligne le FT, promet de soutenir encore l’achat des titres par des investisseurs qui répliquent les indices.  

Bitcoin : la titrisation comme accélérateur 

Assurément, les cryptomonnaies sont un actif qui ne ressemble à aucun autre dans l’univers d’investissement que l’on connaît aujourd’hui. Les hausses des différentes cryptomonnaies ont été paraboliques, et les scores de fin d’année restent spectaculaires, même après le krach de 37% essuyé par le bitcoin entre le 17 et le 22 décembre, qui a été, depuis, suivi d’un rebond partiel.

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Le cours du bitcoin est passé de 950 à 15'500 dollars en 2017. D'autre monnaies digitales ont suivi ce mouvement. L’ether a vu sa valeur passer de 8 à 755 dollars. Le litecoin, de 4,5 à 270 dollars, et le dash, de 11 à 1180 dollars, selon le site Coinmarketcap.com. Une chose est acquise : le prix restera volatil. Toujours est-il qu’au dernier trimestre, Wall Street ne pouvait plus ignorer le phénomène, et les bourses de dérivés américaines (CME Group et CBOE Global Markets) ont décidé d’introduire des contrats futures basés sur les prix du bitcoin.

C’est cela, aussi, qui a tiré les prix vers le haut de façon accélérée. La question reste ouverte, conclut le FT, de savoir si les cryptomonnaies sont un nouveau système financier ou une bulle spéculative comparable à la folie des tulipes dans la Hollande du 17ème siècle. Le quotidien financier britannique n’exclut pas, en tous les cas, que le bitcoin soit, à nouveau, l’un des trades de 2018.

La vente à découvert de Snap

C’est en grande fanfare que Snap, le propriétaire de l’application Snapchat, est entré en bourse au mois de mars dernier. Plus grande cotation du secteur tech des 5 dernières années, ses actions se sont initialement arrachées, rappelle le FT. Introduites sur le marché à 17 dollars, elles ont bondi à 29,44 les jours qui ont suivi l’IPO. Mais par la suite, elles sont retombées à 15 dollars, effaçant plusieurs milliards de capitalisation boursière.

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Le fameux V inversé que d’autres IPO de la tech avaient déjà réservé aux investisseurs. Et qui offrait, en l’occurrence, 3 trades lucratifs aux investisseurs malins, selon le FT : ceux qui avaient reçu des titres au moment de l’IPO et qui ont vendu dans les jours qui ont suivi, au plus haut, ont réalisé 73% de rendement. Gagnants aussi sont ceux qui ont shorté (vendu à découvert) le titre en tenant compte des premiers bénéfices publiés, décevants, et de la rude concurrence livrée à Snap par Facebook. Les vendeurs à découvert, qui ont emprunté des titres et les ont vendus pour les racheter plus tard à prix inférieur, ont affiché des gains théoriques allant de 650 millions mi-novembre à 350 millions actuellement.

Vendre le dollar contre les émergents

Il y a 12 mois, la victoire de Donald Trump et ses promesses de baisses d’impôts, de dépenses d’infrastructure et de «make America great again » ont incité les analystes à prédire une hausse du dollar en 2017, et une mauvaise année par contraste pour les monnaies émergentes.

Seul un analyste, indique le FT, s’est montré contrariant : Thomas Fleury, de l’UBS chief investment office, a écrit que le dollar était extrêmement surévalué et que, même si la croissance américaine s’améliorait, des sursauts politiques inattendus affecteraient le billet vert. Il a tablé sur un rebond de l’euro, aidé par une Banque centrale européenne prête à relever les taux d’intérêt. Il a en outre prédit que la hausse des prix du pétrole profiterait à diverses monnaies de pays producteurs, et que des monnaies à haut rendement seraient favorisées, y compris le rouble, le real brésilien, la roupie et le rand sud-africain. Tout cela s’est avéré correct, souligne le FT.

Le dollar a perdu 8,7% contre ses principaux partenaires commerciaux en 2017. L’euro aura enregistré 12% de hausse contre le dollar, et la plupart des monnaies émergentes ont connu des appréciations modérées face au billet vert.

 

 

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