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Les Paradise Papers égratignent 2300 citoyens suisses

Les noms de 2300 ressortissants suisses mais aussi des grandes sociétés installées dans notre pays apparaissent dans les Paradise Papers, nouvelle fuite de documents issus du cabinet Appleby et traités par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Le siège d'Appleby à Hamilton, capitale des Bermudes.

Crédits: Google

Tout est parti d'une fuite, comme pour les Panama Papers. Et pas des moindres: 13,4 millions de documents issus d'un des cabinets d'avocats les plus réputés pour l'optimisation fiscale. Appleby est basée sur l'archipel des Bermudes, pays souvent dénoncé comme étant lui-même un paradis fiscal. Et la société est réputée pour la qualité de ses services pour des clients fortunés ou des sociétés désireuses de minimiser leurs dépenses fiscales.

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Or, ces 13,4 millions de documents sont arrivés à la rédaction du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Membre du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), basé à Washington, la rédaction bavaroise a choisi de partager ces fichiers avec 382 journalistes issus de 67 pays qui ont minutieusement exploré ces pièces. En Suisse, c'est la cellule investigation du groupe Tamedia (éditeur de Bilan) avec notamment Le Matin Dimanche, qui a mené les recherches. La publication des résultats de ces investigations, qui a débuté ce dimanche 5 novembre et va s'étaler sur plusieurs jours, devrait lever le voile sur des pratiques pour la plupart légales mais souvent décriées de nombreuses personnalités et entreprises.

La reine d'Angleterre et Lewis Hamilton

Parmi les célébrités dont le nom a surgi figurent notamment la reine d'Angleterre Elisabeth II, le champion du monde de Formule 1 Lewis Hamilton, le secrétaire au commerce de Donald Trump Wilbur Ross ou un proche du premier ministre canadien Justin Trudeau Stephen Bronfman. Pour certains, les pratiques sont légales, pour d'autres des délits seraient évidents à la lecture de ces contrats portant sur des dizaines de millions, ces échanges d’e-mails et d’extraits de comptes concernant au total sur près de 25'000 structures, pour la période courant de 1950 à 2016.

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Et la Suisse dans tout cela? Notre pays n'est pas le plus concerné par les révélations, mais 2300 ressortissants helvétiques figurent sur les documents, ce qui place la Suisse au 9e rang des pays. Et au-delà des citoyens mentionnés figurent aussi des sociétés connues. C'est ainsi que le nom de Glencore, géant des matières premières basé à Zoug, apparaît parmi les plus gros clients du cabinet Appleby, à tel point que le cabinet d’avocats a baptisé une de ses salles de réunion du nom de «Glencore Room». Ceci dit, le détail des pratiques, leur licéité et leur ampleur n'ont pas encore été intégralement dévoilés.

Une mine de Glencore en RD Congo

Tout juste découvre-t-on que de nombreux documents concernent une mine du Katanga, en République démocratique du Congo, où la firme zougoise aurait collaboré avec un homme d'affaires israélien, Dan Gertler, très influent dans le pays mais soupçonné de corruption avant même que la société suisse ne fasse appel à ses services. Contactée par la RTS, Glencore a nié tout acte illicite et assure que la collaboration avec Dan Gertler n'a pas eu d'impact sur le prix d'achat de la mine.

Comme à chaque vague de révélations, d'autres éléments devraient surgir dans les jours à venir. Les précédents épisodes (LuxLeaks, Football Leaks, Panama Papers) avaient donné lieu à une succession d'annonces étalées sur plusieurs jours. Cette nouvelle vague ne devrait pas contredire cette habitude.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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