Bilan

Les marchés financiers sous-estimeraient les risques politiques

Face à la montée des mouvements populistes, notamment aux Pays-Bas et en France, les investisseurs n'accordent que peu de place aux risques politiques, estime Credit Suisse.

Credit Suisse explique que les élections qui attendent la France représentent le plus grand risque pour l'Europe. 

Crédits: Keystone

Les marchés financiers ne tiennent pas suffisamment compte des risques politiques. Face à la montée des mouvements populistes, notamment aux Pays-Bas et en France, où le Front National (FN) de Marine Le Pen caracole depuis des mois en tête des sondages, les investisseurs n'accordent que peu de place à ce type de considération, estime Credit Suisse dans une analyse présentée jeudi à la presse.

Selon un baromètre du risque politique établi par ses analystes, le marché se situe pour le moment à 2, sur une échelle de 0 à 10, 10 représentant le plus haut degré d'inquiétude par rapport aux risques futurs. Les experts en concluent que les marchés n'intégreront ce facteur de risque que dans les semaines à venir.

Ils relèvent cependant que tous les marchés ne réagissent pas de la même manière. Alors que ceux des capitaux et des crédits ne suggèrent qu'un risque mineur, celui des devises se présente très différemment. "La sous-évaluation de l'euro est actuellement le plus fort signal de risque en Europe", explique Pierre Bose, responsable de la stratégie européenne.

Les experts de Credit Suisse expliquent que les élections aux Pays-Bas, même si elles sont politiquement importantes, n'ont que peu d'effets sur les marchés des capitaux, alors que celles qui attendent la France représentent le plus grand risque pour l'Europe. La perspective d'une victoire de la présidente du FN, aussi improbable soit-elle, devrait se traduire par une hausse de la volatilité sur les marchés.

La situation est toute différente en Allemagne. Si la chancelière Angela Merkel échoue à décrocher un quatrième mandat face au candidat socio-démocrate, la politique outre-Rhin resterait fondamentalement pro-européenne, ce qui rend le risque bien plus gérable.

La BNS face à un dilemne

L'élévation des risques en Europe a également des répercussions dans ce que les économistes de CS appellent "l'ancienne périphérie", des pays comme la Suisse, la Suède, la Norvège ou encore le Royaume-Uni.

Sous nos latitudes, la Banque nationale suisse (BNS) a dernièrement renforcé ses interventions afin de contrer une pression à la hausse du franc, comme en attestent les derniers avoirs à vue publiés par l'institut d'émission. Si cette pression devait s'intensifier ces prochaines semaines, la BNS pourrait encore durcir sa politique interventionniste, prédit l'économiste de CS Claude Maurer.

"Au fond, la BNS se trouve pour l'heure face à un dilemme, entre les signaux provenant de l'économie, comme par exemple un taux d'inflation à nouveau positif, et les signaux des marchés financiers, qui reflètent une plus grande aversion au risque dans le domaine des devises".

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