Bilan

Les marchés financiers gardent la tête froide après le non grec

Les marchés européens perdaient du terrain lundi après-midi tout en contenant leur recul après la victoire du non grec au référendum.

De son côté, l'euro faisait preuve d'une grande résistance et valait 1,1056 dollar contre 1,1039 dollar vendredi vers 21H00 GMT. La monnaie unique était descendue jusqu'à 1,0963 dollar juste après l'annonce des résultats du scrutin.

Crédits: Reuters

Les marchés européens perdaient du terrain lundi après-midi tout en contenant leur recul après la victoire du non grec au référendum, attendant d'en savoir plus sur l'avenir des discussions avec les créanciers et sur celui de la Grèce au sein de la zone euro.

Après avoir opté pour l'attentisme vendredi avant le scrutin, les principaux indices boursiers européens ont ouvert en forte baisse, avant de limiter leurs pertes en cours de séance, tout en restant prudents.

Wall Street réagissait également par un démarrage en baisse lundi, après trois jours de pause: le Dow Jones perdait 0,92% et le Nasdaq 0,93%.

"Nous nous attendons à un regain de volatilité aujourd'hui et demain à mesure que les discussions politiques s'accélèrent", notent les analystes de Lyxor.

Vers 16H00 (14H00 GMT), la Bourse de Francfort perdait 1,27%, Paris 1,76%, Londres 0,72%, Madrid 2,37% et Milan 3,57%.

Le dossier grec "reste un facteur d'instabilité sur les marchés mais ils y sont moins sensibles qu'auparavant", souligne pour sa part Thibault Prébay, directeur du département taux chez Quilvest Gestion.

De son côté, l'euro faisait preuve d'une grande résistance et valait 1,1056 dollar contre 1,1039 dollar vendredi vers 21H00 GMT. La monnaie unique était descendue jusqu'à 1,0963 dollar juste après l'annonce des résultats du scrutin.

De même, le marché de la dette gardait la tête froide. Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne se tendait sans excès à 2,318% (contre 2,212% vendredi à la clôture), tout comme celui de l'Italie à 2,339% (contre 2,248%).

En revanche, le taux grec souffrait et grimpait à 18,089% (contre 14,630%).

Les Grecs ont clairement dit non aux exigences des créanciers, votant à 61,31% en faveur du non à leurs propositions, un rejet massif qui entraîne une grande incertitude quant à l'éventuelle reprise des négociations et fait craindre une possible sortie du pays de la zone euro.

Les marchés vont désormais être suspendus aux déclarations et réunions à venir.

Une réunion entre le président français François Hollande et Angela Merkel doit avoir lieu lundi soir à Paris avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro mardi (eurogroupe) et un sommet européen sur l'avenir financier de la Grèce mardi soir.

Le Premier ministre grec "s'est mis d'accord lundi lors d'un entretien téléphonique avec la chancelière Angela Merkel pour qu'Athènes présente mardi, lors du sommet européen, des propositions du gouvernement grec" visant à conclure un accord avec les créanciers, UE et FMI, a indiqué un bref communiqué du gouvernement grec.

 
Démission surprise de Varoufakis

Selon les gérants de Barclays Bourse, "le non au référendum va pouvoir accélérer la recherche d’une solution plus pérenne au sujet de la dette grecque entre Athènes et ses créanciers (sortie de la Grèce de la zone euro ou compromis)".

Les investisseurs se rassuraient également avec l'annonce surprise de la démission du ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, interprétée comme une volonté de la part du gouvernement grec de faciliter les négociations avec ses créanciers.

Le marché sera par ailleurs attentif à la réaction de la Banque centrale européenne (BCE) qui doit faire le point sur les aides d'urgence (ELA) accordées aux banques grecques.

Surtout, "il est apparu évident que, quelle que soit la décision sur l’ELA, la BCE était prête à revoir sa politique quantitative pour prévenir la contagion du risque grec aux autres pays", rappellent les économistes chez Oddo Securities.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a rappelé samedi que "dans les circonstances de très grande incertitude en Europe et au niveau international, la BCE a été très claire, si c'est nécessaire on fera plus".

Plus tôt dans la matinée, les marchés asiatiques ont nettement reculé.

Tokyo a perdu 2,08%, Hong Kong 3,18%, Sydney 1,14%, Séoul 2,40% et Wellington 1,10%.

De son côté, après l'annonce de plusieurs mesures pour enrayer la débâcle des marchés chinois, la Bourse de Shanghaï a rebondi (+2,41%) effaçant toutefois une grande partie des gains massifs enregistrés en début de séance, sur fond d'intense volatilité.

La Bourse de Shenzhen a quant à elle fini en chute de 2,70%.

La dégringolade récente de Shanghai est due à l'éclatement d'une bulle locale aux fondements fragiles et dopée à l'endettement. Avant de s'affaisser, la place shanghaïenne s'était envolée de 150% en douze mois et elle paie désormais le prix de ses excès.

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