Bilan

Les gérants suisses ont su capter la hausse des marchés en 2017

Selon Performance Watcher, les rendements des portefeuilles ont nettement profité de la faible volatilité. Qui pourrait rebondir brusquement en 2018.

Les investisseurs suisses ont bien su anticiper les tendances des marchés en 2017.

Crédits: AFP

Les performances 2017 des gérants suisses sont «satisfaisantes» car ils ont «réussi à capter la hausse des marchés», estime Nicholas Hochstadter, qui se base sur les trois indices de référence qu’il a créés sur sa plateforme de comparaison Performance Watcher. Selon celle-ci, les gérants suisses dans la catégorie «risque faible» affichent 4,92% de performance moyenne, pour une volatilité de 2,89% sur l’année écoulée.

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Ceux qui gèrent des portefeuilles «risque moyen» ont réalisé un rendement de 8,41% (volatilité: 4,62%). Enfin, ceux qui ont pris plus de risques pour amener du rendement à leurs clients ont atteint 12,26% de performance pour 5,63% de volatilité. En comparaison, l’indice MSCI Actions monde en francs suisses a généré 18,66% pour une volatilité de 9,02% (il ne mesure toutefois que les actions et n'est donc pas directement comparable aux portefeuilles analysés par la plateforme, qui incluent des actifs diversifiés).

Trois gérants sortent du lot

Trois gérants en particulier sortent du lot dans leurs catégories respectives: Daniel Varela, de la banque Piguet Galland, pour l’indice «risque faible», bat ses pairs avec un rendement de 5,62% et 2,49% de volatilité. Patrick Zbinden, de EFG Asset Management, avec 11,23% de performance et 3,89% de volatilité dans la catégorie «risque moyen».

Et enfin, Laurent Genoud, de la société de gestion zurichoise Eagle Invest, pour la partie «risque élevé», qui se démarque avec un gain de 14,76% et 5,41% de vol. «La base de données n'étant pas exhaustive, les meilleurs se démarquent naturellement parmi ceux qui y sont inscrits, précise Nicholas Hochstadter. Mais notre base de données grandit rapidement à l'heure actuelle».

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Cette plateforme en réseau permet à tous les investisseurs qui y participent d’évaluer et de suivre la performance de leurs portefeuilles en les comparant avec les autres portefeuilles de même budget de risque. A l’heure actuelle, la plateforme compare et supervise près de 10’000 portefeuilles aux divers profils de risques et monnaies de référence, dont la valeur totale atteint quelque 20 milliards de francs.

La volatilité pourrait remonter en 2018

Pour Nicholas Hochstadter, ancien gérant de banque, qui s'est ensuite mis à son compte pour créer ce "Comparis de la gestion", le phénomène le plus frappant sur les marchés en 2017 a été la volatilité très faible qui a prévalu: «Elle se situe à peine à la moitié de ses niveaux historiques moyens, qui auraient correspondu à des rendements deux fois moins élevés».

Le fondateur de Performance Watcher y voit le signe d'un possible retournement. «C'est peut-être le calme avant la tempête, comme à la fin des années 1990; on pourrait voir de fortes secousses prochainement, qui feront monter la volatilité». 2018, le retour de la volatilité?

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Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan.

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