Bilan

Les GAFA et les start-up font peur aux banquiers

Google, Apple, Facebook, Amazon ainsi que les sociétés fintech font davantage trembler les banques que la concurrence des établissements traditionnels, d’après l’enquête annuelle de Temenos.

Les banquiers veulent aujourd'hui investir en priorité dans les technologies de l'information et l'innovation.

« Près des trois quarts des banquiers voient la menace venir de nouveaux venus sur le marché, comme les banques étrangères, de nouveaux acteurs issus des technologies financières (fintech) et surtout les compagnies technologiques qui n’appartiennent pas au secteur, comme Google », indique Ben Robinson, directeur stratégique de Temenos. Figurant parmi les leaders mondiaux des solutions informatiques bancaires, Temenos livrait mardi à Zurich les résultats de sa huitième enquête annuelle sur les tendances dans la branche. Un sondage élaboré en collaboration avec Capgemini. Ainsi, seuls 26% des quelque 200 banquiers senior interrogés craignent les établissements traditionnels face à 74% qui redoutent l’inconnu.

En conséquence, les banques privilégient les investissements dans les technologies de l’information (IT) et l’innovation. Synthétisant l’enquête, Ben Robinson reprend : « Le fardeau représenté par l’adaptation aux nouvelles réglementations bancaires diminue dans la mesure où les banques ont déjà bien progressé dans ce domaine. Les banquiers se préoccupent maintenant en priorité de l’adaptation au monde digital, caractérisé par une clientèle moins loyale ainsi que par l’irruption de concurrents venus d’autres horizons, comme les géants multimédia. »

Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) prospectent en effet de manière plus ou moins offensive dans le domaine des payements électroniques et des services financiers. Ces compagnies disposent en outre d’un savoir-faire inégalé dans l’utilisation des données sur les clients. Elles leur proposent ainsi des articles en relation avec les recherches et les achats effectués sur le web. « Les banques ont sous la main une foule de données sur le comportement des clients qu’elles n’exploitent pas. Les établissements pourraient utiliser ces renseignements pour simplifier les procédures et épargner des coûts. Une possibilité supplémentaire serait de proposer des produits à la clientèle en fonction de ses intérêts, à la manière dont Amazon vous suggère des livres que vous devriez aimer », relève Herbert Pleunik, manager chez Capgemini.

Vers une alliance entre banques et start-up

Ben Robinson se montre persuadé que l’alliance des nouveaux venus de la fintech et des banques traditionnelles constitue une solution d’avenir. " Je doute que l’intérêt des banques soit de racheter des start-up innovantes qui sont de petites structures dynamiques difficile à intégrer dans un grand ensemble. Pour opérer comme établissement bancaire, toute nouvelle société doit par ailleurs obtenir une licence bancaire, ce qui représente un exercice lourd et coûteux qui n’est pas forcément à sa portée. Les unes et les autres pourraient s’avérer complémentaires avec des banques assurent la gestion et la distribution de produits innovants développés par des start-up."

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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