Bilan

Les étudiants suisses sont moins attirés par les banques

Selon une étude de Deloitte, le taux de popularité des banques auprès des étudiants suisses en sciences économiques est passé de 23% en 2008 à 15% en 2014.

Les deux premières banques helvétiques figurent tout de même à la troisième et à la quatrième place des "employeurs idéaux".

Crédits: DR

Les banques se trouvent à la deuxième place du classement des choix de carrière les plus populaires des étudiants suisses en sciences économiques pour la troisième fois en quatre ans, indique l'étude "Talent in Banking 2014" de Deloitte publiée mardi. En première position se trouvent les entreprises de biens de grande consommation. La popularité de l'industrie de la mode, des accessoires et du luxe est quant à elle en constante progression.

Le taux de popularité des banques avoisine les 15% en 2014, contre environ 23% en 2008. Celui de la mode, des accessoires et du luxe est passé de moins de 5% à environ 10% durant ces quatre ans.

Les raisons de ce désamour pour le secteur bancaire sont nombreuses. L'étude relève qu'un peu plus d'un tiers des étudiants sont d'avis que les banques manquent d'innovation et de dynamisme.

En outre, à l'échelle mondiale, près des trois quarts (74 %) sont persuadés que les banques ne proposent pas des modalités de travail flexibles, et ils sont plus de la moitié à penser qu'elles n'offrent pas la sécurité de l'emploi ou un environnement de travail convivial.

Par ailleurs, moins d'un tiers des étudiants en banque associent ce secteur à la tolérance envers les minorités et seulement 38 % pensent que les banques soutiennent l'égalité hommes/femmes.

En Suisse, le secteur bancaire est en effet très dominé par la gent masculine, indique l'étude. Seul un tiers des étudiants qui envisagent une carrière dans la banque sont des femmes, c'est l'un des taux les plus bas de la région EMEA.

D'après l'étude, en Suisse, les étudiants veulent tout d'abord un équilibre vie professionnelle-vie privée. Ceux qui envisagent de travailler dans une banque recherchent également la formation et le développement professionnel avant tout autre attribut chez un employeur, devançant même les avantages financiers comme les bonus liés à la performance ou le paiement des heures supplémentaires

En Suisse cependant, les deux premières banques helvétiques se retrouvent dans le top 4 des "employeurs idéaux". Google et Nestlé occupent les deux premières places.

"Les résultats de l'étude peignent un portrait plutôt sombre pour les banques, mais une solution est possible si elles écoutent les étudiants", a dit Sarah Kane, associée et en charge du département Capital Humain chez Deloitte.

L'associée estime aussi que les banques doivent montrer aux potentiels candidats la diversité des rôles existants notamment en termes de créativité numérique. "Cela demandera aux banques un changement radical dans leur manière de promouvoir leur marque sur le marché des diplômés", a-t-elle précisé.

Le sondage a été réalisé auprès de 700'000 étudiants en sciences économiques dans 31 marchés à travers le monde. Deloitte a examiné les réponses de 174'000 étudiants.

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