Bilan

Les cryptodevises "trop primitives" pour devenir une monnaie nationale

Les monnaies virtuelles et la blockchain sont à l'heure actuelle "beaucoup trop primitives" pour que la BNS envisage la création d'un e-franc, selon le membre du directoire Thomas Moser.

Lle haut responsable de la BNS a comparé la technologie blockchain dans sa forme actuelle à "l'innovation inutile" du CD. 

Crédits: keystone

Les monnaies virtuelles et la technologie blockchain sur laquelle elles reposent sont à l'heure actuelle "beaucoup trop primitives" pour que la Banque nationale suisse (BNS) envisage la création d'un e-franc. Les propos tenus par Thomas Moser, membre du directoire de l'institut d'émission, à l'occasion de la conférence Crypto Valley à Zoug ont fortement contrasté avec l'optimisme manifesté par d'autres conférenciers.

Dans son intervention, le haut responsable de la BNS a comparé la technologie blockchain dans sa forme actuelle à "l'innovation inutile" du CD. Selon lui, la numérisation de la musique s'est imposée via la diffusion en continu (streaming), qui a introduit un modèle entièrement nouveau pour le consommateur.

"Quelque chose de semblable devrait se passer avec le bitcoin", a-t-il affirmé. Et d'ajouter que le public ne va changer pour une nouveauté que si cette dernière marche mieux ou s'avère moins onéreuse, pouvait-on lire vendredi sur le portail Swissinfo. Il a reconnu que la technologie sous-jacente était prometteuse, mais seulement une fois qu'elle aura évolué.

Les déclarations de M. Moser font écho à la critique acerbe formulée par la Banque des règlements internationaux (BRI) à l'égard des monnaies virtuelles.

Bulle spéculative et désastre écologique

Lundi, la "banque des banques centrales" avait mis en garde contre la fragilité des réseaux décentralisés dont dépendent les cryptodevises, qui risque à tout moment de mettre à mal la confiance dans la stabilité du système financier. Evoquant l'évolution du bitcoin, son patron Agustin Carstens avait parlé en février de "bulle", de "montage Ponzi" et de "désastre environnemental".

Des propos qui contrastent avec l'enthousiasme d'autres conférenciers, pour qui la technologie blockchain devrait être largement répandue et reconnue d'ici cinq ans. Certains ont relevé que les banques centrales, fortes de leur monopole actuel dans la création de monnaie, ont un intérêt certain à juguler l'émergence de monnaies virtuelles décentralisées.

Les partisans du bitcoin ont également trouvé leur champion parmi les officiels en la personne du ministre de l'Économie Johann Schneider-Ammann, qui dans son intervention a souligné qu'il avait renoncé à rencontrer le Pape à Genève pour pouvoir assister à la conférence zougoise.

Celui qui avait appelé de ses voeux la Suisse à devenir une "crypto nation" a toutefois tenu des propos plus mesurés, mettant en garde contre le danger tant d'avancer trop lentement que trop vite dans certains types d'innovation comme la blockchain.

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