Bilan

Les caisses de pension à la peine en 2015

Le 2e pilier est plus solide qu’avant le début de la crise financière. Reste que franc fort, taux négatifs, coupons réduits des obligations et chute des bourses obstruent la voie du rendement.
  • La stratégie de chaque caisse dépend de ses prévisions d’évolution des taux.

    Crédits: Thomas Barwick/Getty Images

A la fin du 1er semestre déjà, l’indice Credit Suisse des caisses de pension mentionnait un rendement annuel négatif – à moins 1,31%. Les marchés boursiers ayant depuis piqué du nez, la majorité des caisses de pension auront du mal à atteindre cette année une performance égale ou supérieure à leur taux d’intérêt technique. Ce dernier, censé refléter le rendement attendu de la fortune à long terme, est utilisé pour calculer les engagements futurs que doit verser l’institution de prévoyance à ses assurés.

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De quoi inquiéter ces derniers, alors que les débats sur Prévoyance 2020 ont commencé au Parlement et que la commission LPP veut réduire à 1,25% en 2016 le taux d’intérêt minimal versé sur les avoirs LPP, contre 1,75% en 2015. 

Les Suisses ont toutefois confiance dans la solidité du système de prévoyance à trois piliers combinant une forte solidarité dans l’AVS, une capitalisation plus individualisée dans le 2e pilier et des incitations fiscales favorisant l’épargne sur le 3e pilier. Selon une étude d’AXA Investment Managers Suisse publiée début septembre,«plus de 90% des personnes interrogées estiment que ce système doit dans tous les cas être préservé».

La majorité acceptant de ce fait «la réforme proposée et les mesures qui l’accompagnent»: augmentation de l’âge de la retraite des femmes, et baisse du taux de conversion dans le 2e pilier accompagnée de mesures transitoires préservant les rentes.

Confiance bien placée, car le 2e pilier est plus solide qu’avant le début de la crise financière. Les caisses de pension ont profité d’un retour à meilleure fortune pour constituer des réserves et abaisser leur taux technique. En retenant un taux technique moyen de 2,9% en 2014 pour toutes les caisses, le rapport «Situation financière des institutions de prévoyance 2014» de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP) relève que la plupart d’entre elles présentaient fin 2014 un taux de couverture nettement supérieur à 100%.

Après trois bonnes années pour le rendement de la fortune (6,8% en 2014, 6% l’année précédente et 7,4% en 2012) les caisses se sont même montrées plus généreuses avec leurs assurés actifs.

Planifier est indispensable

Reste que l’avenir se présente sous un jour moins souriant: la persistance de taux d’intérêt très bas dans un contexte de vieillissement de la population doit inciter un suivi rigoureux des risques. Risques que les caisses de pension ont déjà cherché à réduire en diversifiant très largement leurs avoirs.

Cette diversification accrue se reflète dans la version 2015 des indices Pictet LPP, références pour la performance des caisses de pension. S’ils gardent la dénomination LPP 25, 40 ou 60 – selon le poids laissé aux actions et pour garder un profil de risque comparable à leurs versions antérieures – ils réduisent la part des obligations en faveur de l’immobilier suisse ou font de la place aux petites capitalisations parmi les actions étrangères.

De fait, les obligations ne représentent plus que 40% de la fortune des caisses, tandis que le poids de l’immobilier s’est accru à 18%. Un futur actif à risque, alors que les prix des immeubles ont beaucoup augmenté? Réduire le risque des obligations passe aussi par un choix de titres plus diversifié. 

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Si la plupart des salariés ne choisissent pas leur caisse de pension et ne participent à sa gestion qu’à travers leurs représentants au conseil de fondation, certains cadres ont déjà la possibilité de choisir la stratégie de placement de leur prévoyance surobligatoire et cette tendance devrait s’accentuer. Reste que chaque assuré gagnerait à intégrer la prévoyance dans sa planification financière globale, l’avoir de vieillesse constituant le gros de la fortune de la majorité des assurés seniors.  

Geneviève Brunet

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