Bilan

Les Bourses rebondissent après Wall Street, mais la Chine inquiète toujours

Les Bourses asiatiques et européennes ont repris leur souffle jeudi, ragaillardies par le spectaculaire rétablissement de New York, ouvrant en forte hausse de plus de 2%.

"La forte progression à New York contribue largement à soutenir le marché" en Chine, a dit à l'AFP Zhang Yanbing, analyste du courtier Zheshang Securities.

Crédits: AFP

Les Bourses asiatiques ont repris leur souffle jeudi, inspirées par le net rebond de Wall Street dans un marché qui reste cependant hanté par les risques liés à l'essoufflement de l'économie chinoise.

En Europe, Paris, Francfort et Londres ont également été ragaillardies par le spectaculaire rétablissement de New York, ouvrant en forte hausse de plus de 2%.

Après s'être effondrée d'environ 8% lundi puis mardi, faisant décrocher les places mondiales dans son sillage, Shanghai s'est ressaisie et a terminé sur une nette hausse de 5,34%. Sydney, Séoul et Tokyo ont grimpé à l'unisson tandis que Hong Kong affichait + 3% vers la fin de la séance.

L'indice Dow Jones Industrial Average s'est envolé mercredi de presque 4%, après six séances consécutives de repli grâce notamment à la perspective de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) repousser tout relèvement de ses taux d'intérêt en raison des difficultés économiques en Chine.

"La forte progression à New York contribue largement à soutenir le marché" en Chine, a dit à l'AFP Zhang Yanbing, analyste du courtier Zheshang Securities.

"Le moral des investisseurs se redresse, mais un rebond (durable) prendra du temps", a-t-il néanmoins averti.

De fait, les marchés restent hantés par l'essoufflement de la deuxième économie mondiale et les risques de contagion, la Chine comptant pour 13% du PIB mondial.

"De robustes statistiques économiques américaines, des signaux que la Fed ne relèvera pas ses taux en septembre, mais aussi les efforts de relance de la banque centrale chinoise, tout cela est positif", reconnaissait Jasper Lawler, analyste du courtier CMC Markets.

"Mais l'angoisse va continuer de tirailler les investisseurs, jusqu'à ce que les folles fluctuations des cours s'apaisent vraiment", ajoutait-il, cité par l'agence Bloomberg.

Désireuse de calmer l'affolement général et d'afficher sa détermination à relancer l'activité économique, la banque centrale chinoise (PBOC) avait dévoilé mardi une nouvelle baisse de ses taux d'intérêt, la cinquième depuis novembre 2014.

Tout en réduisant les ratios de réserves obligatoires des banques, autorisées de facto à prêter davantage. Cela revient à abaisser le coût des emprunts pour les entreprises, les particuliers et les administrations.

Ces mesures n'avaient toutefois pas convaincu les investisseurs: une bonne partie des places asiatiques et européennes avaient terminé en net repli mercredi, à l'instar de Wall Street mardi soir, au terme d'échanges très volatils.

De l'avis général, ces nouveaux assouplissements monétaires, bien que jugés bienvenus, resteront insuffisants pour ranimer durablement l'activité, les investissements et la consommation -- à moins de mesures supplémentaires du gouvernement en terme de relance budgétaire et de réductions fiscales.

-Les moteurs calent-

Le géant asiatique a enregistré l'an dernier une croissance de 7,4%, au plus bas depuis près d'un quart de siècle, et Pékin s'est fixé pour 2015 un objectif de 7%.

Certes, les analystes estiment que l'éclatement de la bulle des marchés boursiers chinois (qui ont plongé de plus de 40% depuis mi-juin après s'être envolés de 150% en un an) est déconnecté de l'état de l'économie réelle.

Mais au-delà du marché shanghaïen, les interrogations perdurent sur la capacité de la Chine à continuer de jouer son rôle de locomotive pour la croissance mondiale alors que son modèle économique connaît une transition douloureuse.

Après des décennies de croissance à deux chiffres, dopées par les exportations et des dépenses publiques massives dans les infrastructures, les moteurs calent: production industrielle en sévère ralentissement, contraction du secteur manufacturier, plongeon des exportations et retournement de l'immobilier.

Pékin chercher "un rééquilibrage" vers un modèle de croissance ralentie mais plus durable --en musclant la consommation intérieure, en favorisant l'essor des services et du secteur privé, en réorganisant ses groupes étatiques inefficaces, et en promouvant une "montée en gamme" industrielle.

Mais malgré les mesures de soutien répétées, les indicateurs en berne se succèdent en Chine, et c'est cet assombrissement persistant de la conjoncture dans le pays qui a attisé ces derniers jours la débâcle des Bourses mondiales.

La Chine est le premier pays importateur de biens et de nombre de matières premières, de quoi plomber aussi bien les groupes industriels occidentaux que les pays exportateurs de métaux ou de pétrole.

D'autant que la récente dévaluation du yuan pourrait contribuer à pénaliser encore la demande chinoise.

Si elle rend les exportateurs chinois plus compétitifs face à leurs rivaux étrangers, la dépréciation du yuan renchérit également la facture des entreprises chinoises payant leurs importations en dollars.

Le taux de référence fixé jeudi par la PBOC était de 6,4085 yuans pour un dollar, soit le plus bas niveau de la monnaie chinoise face au billet vert depuis quatre ans.

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