Bilan

Les Bourses européennes rebondissent timidement

Les Bourses européennes ont repris quelques couleurs mardi, revenant à davantage de sérénité au lendemain d'une première séance de l'année difficile.

La Bourse de Londres a profité d'un certain apaisement du côté chinois mardi pour se reprendre quelque peu, malgré des hésitations en début de séance.

Crédits: Reuters

Les Bourses européennes ont repris quelques couleurs mardi, revenant à davantage de sérénité au lendemain d'une première séance de l'année difficile en raison de doutes persistants sur l'économie chinoise.

La Bourse de Francfort en hausse à 0,26%

L'indice Dax des trente valeurs vedettes a terminé en hausse timide de 0,26% à 10.310,10 points. Lundi, première séance de 2016, il avait chuté de 4,28% à cause des inquiétudes autour de l'économie chinoise, sa plus forte baisse à l'entame d'une année depuis 1988.

La place allemande, très sensible aux mauvaises nouvelles en provenance de Chine du fait de l'exposition des entreprises allemandes à l'export, a ouvert en hausse mais est retombée dans le rouge dans la matinée, avant de repasser dans le vert dans l'après-midi. Des hésitations qui montrent que, même si le bilan de la journée est au final positif, le coeur n'y était pas.

La chute de plus de 4% de lundi "a constitué un sacré coup et pourrait tout à fait continuer à peser", a commenté Uwe Streich, de la banque LBBW. "Le budget risque des investisseurs a été mis à contribution dès le premier jour, ce qui devrait avoir des effets négatifs sur leur appétit pour le risque" à court terme, selon lui.

En queue de Dax, Volkswagen a lourdement chuté de 3,96% à 121,40 euros, après l'annonce lundi du lancement de poursuites au civil aux Etats-Unis sur les moteurs truqués. Les autorités américaines réclament au constructeur au moins 20 milliards de dollars de dédommagements, mais des chiffres autrement plus élevés circulaient dans la presse, allant jusqu'à 90 milliards de dollars.

Couplé aux informations déprimantes en provenance de Chine, cela signifie pour le groupe "un nouvel afflux de mauvaises nouvelles", relève Holger Schmidt d'Equinet, qui s'attend à ce que l'action en pâtisse à court terme. Elle avait pourtant repris ces dernières semaines beaucoup du terrain perdu à l'automne, quand elle avait chuté de 40% en quelques jours.

En tête de Dax, le fournisseur d'équipements de dialyse Fresenius Medical Care a bondi de 5,87% à 78,98 euros, faisant honneur à sa réputation de valeur anti-cyclique par excellence et réagissant à des recommandations positives de banques.

Deutsche Bank (+1,61% à 21,80 euros) a pour sa part profité d'une commentaire élogieux de RBC Capital Markets, et les investisseurs ont préféré ignorer les informations de l'hebdomadaire Wirtschaftswoche, selon lequel la cession de Postbank, prévue pour cette année, prendrait du retard.

La Bourse de Paris rebondit timidement

La Bourse de Paris a timidement rebondi mardi (+0,34%).

L'indice CAC 40 a pris 15,18 points à 4.537,63 points, dans un volume d'échanges peu étoffé de 3,2 milliards d'euros. La veille, il avait perdu 2,47%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 0,26% et Londres 0,72%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a pris 0,42%.

Le marché a connu une séance erratique, ayant eu le plus grand mal à se relancer après le recul essuyé en début de semaine.

Il a ouvert sur un net rebond puis a rapidement reculé sous les 4.500 points, avant de progressivement se reprendre.

"Les marchés ont plutôt réagi avec réalisme en essayant de repasser à l'achat mais la tendance est fragile", résume Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale d'Oddo Securities.

Selon lui, "la réaction des investisseurs européens est assez nuancée au lendemain d'une baisse brutale mais pas exceptionnelle au vu de la chute des places asiatiques".

Le marché est resté attentif à la situation en Chine, où les places financières ont limité la casse mardi, dans une séance marquée par une forte volatilité, alors que la banque centrale de Chine (PBOC) a injecté sur le marché 130 milliards de yuans (environ 18,3 milliards d'euros)

"La rentrée aura été difficile sur les marchés financiers avec une forte hausse de l'aversion au risque qui a incité les investisseurs à se détourner des actions. Elles ont chuté lourdement avec un arbitrage net en défaveur des pays et des entreprises exposés à la Chine", rappelle Crédit Mutuel-CIC.

M. Jacoby estime que la volatilité devrait rester présente, malgré le fait que le ralentissement économique chinois n'est pas une nouveauté et alors que les autorités tentent de mettre en place des mesures de relance.

Le principal indicateur du jour a par ailleurs confirmé la faiblesse des prix en zone euro, où l'inflation est restée stable en décembre, décevant les analystes qui tablaient sur une légère accélération.

Du fait de ce contexte économique délicat, "nous considérons que la BCE sera obligée d'annoncer une nouvelle prolongation de son programme d'achats d'actifs au-delà de mars 2017", ce qui devrait être un élément de soutien aux actions européennes, soulignent les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC.

Parmi les valeurs, Numericable-SFR (+12,23% à 37,20 euros) et dans une moindre mesure Iliad (+2,74% à 227,05 euros) ont profité de la perspective d'un resserrement à trois opérateurs.

Orange (+0,72% à 15,31 euros) et Bouygues (+0,39% à 37,30 euros) ont en effet confirmé des "discussions" en cours en vue d'un rachat de l'opérateur Bouygues Telecom, numéro trois du marché, par Orange, l'opérateur historique et numéro un du secteur.

Orange a par ailleurs finalement choisi de racheter Groupama Banque pour lancer sa banque mobile, l'un des objectifs de son plan stratégique actuel.

Plusieurs valeurs exposées à la Chine ont été encore sous pression, avec Kering (-0,59% à 150,90 euros) et LafargeHolcim (-0,35% à 44,73 euros).

Technip a souffert (-4,64% à 43,29 euros) d'un abaissement de sa recommandation par Bernstein, tout comme Technicolor (-6,15% à 7,06 euros) par JPMorgan.

Nexans a profité (+3,85% à 33,60 euros) d'une note favorable de Goldman Sachs.

Air France-KLM est restée bien orientée (+3,31% à 7,49 euros) au lendemain d'une forte hausse liée à une note favorable d'un courtier.

Trigano a bondi (+10,34% à 61,81 euros) profitant d'un chiffre d'affaires en hausse de 29,3% au premier trimestre de son exercice décalé, meilleur que prévu.

Enfin, Dassault Aviation a perdu 4,53% à 1.075,30 euros après avoir enregistré 45 commandes de son avion d'affaires Falcon (hors annulations) en 2015, soit une baisse de moitié par rapport à l'année précédente liée à la dégradation de la situation économique notamment dans les pays émergents.

La Bourse de Londres termine en hausse de 0,72%

A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a grimpé de 43,81 points pour terminer à 6.137,24 points.

La Bourse de Londres a profité d'un certain apaisement du côté chinois mardi pour se reprendre quelque peu, malgré des hésitations en début de séance.

"Le FTSE a réussi à gagner jusqu'à 50 points ce mardi, tiré par le rebond des actions liées aux matières premières et ignorant les difficultés du secteur de l'habillement", a expliqué Connor Campbell, analyste chez Spreadex.

Les valeurs minières se sont quelque peu reprises en effet après avoir plongé lundi, l'inquiétude autour d'un ralentissement économique chinois prononcé ayant alors fait craindre de nouvelles baisses des cours des métaux industriels. Glencore a gagné mardi 3,51% à 88,26 pence, Rio Tinto 1,94% à 1.939,50 pence, Anglo American 1,93% à 283,20 pence et BHP Billiton 1,36% à 746 pence.

Les majors pétrolières ont rebondi de façon beaucoup plus timide, entravées par la faiblesse persistante des cours du brut malgré les tensions au Moyen-Orient: Royal Dutch Shell (action "A") a grimpé de 0,66% à 1.526 pence et BP de 0,17% à 348,15 pence.

Les compagnies pharmaceutiques ont aussi passé une bonne journée. Shire a notamment repris un peu de terrain, 1,73% à 4.530 pence, après avoir plongé de 5,21% la veille sur fond de rumeurs selon lesquelles il pourrait mettre sur la table plus de 30 milliards de dollars pour acquérir la biotech américaine Baxalta, une somme jugée surévaluée par certains investisseurs.

La grande distribution a au contraire fait grise mine. La chaîne de supermarchés Sainsbury a chuté de 5,17% à 242,10 pence après avoir révélé mardi avoir fait une offre d'acquisition en novembre sur le distributeur britannique Home Retail, que ce dernier a rejeté.

La chaîne de magasins de vêtements Next a perdu pour sa part 4,59% à 6.860 pence, après avoir fait état de résultats décevants pour la période précédant Noël, dus aux températures exceptionnellement clémentes pour l'hiver.

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