Bilan

Les Bourses européennes accusent fortement le coup après la Chine

Les Bourses européennes ouvraient en fort recul jeudi matin, lourdement affectées par les marchés chinois qui ont fermé prématurément pour la 2e fois cette semaine.

Comme ses homologues européennes, la place financière londonienne accusait le coup de la nouvelle suspension des échanges des Bourses chinoises, qui ont plongé de plus de 7% jeudi après avoir connu une mésaventure similaire lundi.

Crédits: Reuters

Les Bourses européennes ouvraient en fort recul jeudi matin, lourdement affectées par les tribulations des marchés chinois qui ont fermé prématurément pour la 2e fois cette semaine.

La Bourse de Londres chute de 2,80%

Après une heure de cotation, l'indice FTSE-100 des principales valeurs chutait de 170,30 points à 5.903,08 points.

"Le FTSE, souffre-douleur perpétuel de ses secteurs liés aux matières premières, (...) a chuté sous la barre des 6.000 points pour toucher un plus bas en trois semaines et demi, avec les géants du pétrole et de la mine prêts à revêtir le costume de cancres de la journée", a expliqué Connor Campbell.

Comme ses homologues européennes, la place financière londonienne accusait le coup de la nouvelle suspension des échanges des Bourses chinoises, qui ont plongé de plus de 7% jeudi après avoir connu une mésaventure similaire lundi.

Les investisseurs s'inquiètent de la dépréciation rapide de la monnaie chinoise, le yuan - également appelé renminbi, et au-delà, du ralentissement de la deuxième puissance économique mondiale.

La Chine étant le premier importateur mondial de métaux industriels, les cours de ces derniers dévissent depuis des mois et cette tendance accentuée faisait chuter les actions des entreprises minières jeudi à la Bourse de Londres: Anglo American cédait 8,52% à 247,35 pence, BHP Billiton de 5,48% à 670,50 pence et Rio Tinto de 4,63% à 1.761 pence.

Les compagnies pétrolières plongeaient elles aussi, victimes de la déconfiture des cours du pétrole, le baril de Brent évoluant à son plus bas niveau depuis plus de onze ans. Royal Dutch Shell (action "A") chutait de 5,31% à 1.418 pence, BP de 4,60% à 327,65 pence et BG Group de 5,35% à 904,30 pence.

Les valeurs financières étaient aussi dans le rouge, notamment celles dont l'activité est la plus liée à la Chine et aux marchés émergents: la banque Standard Chartered perdait 3,40% à 498,05 pence et l'assureur Prudential 3,81% à 1.377,50 pence.

La seule action dans le vert était celle du groupe de distribution Marks & Spencer, qui grimpait de 1,57% à 445,60 pence. Les investisseurs semblaient bien accueillir l'annonce du changement de directeur général, le groupe restant confronté à une situation difficile du côté de son activité non-alimentaire (vêtements, chaussures et produits d'équipements domestiques).

La Bourse de Paris chute de 2,48%

A 09H20 (08H20 GMT), l'indice CAC 40 perdait 111,08 points à 4.369,39 points. La veille, il avait déjà nettement baissé de 1,26%, à l'instar des ses voisins européens et des indices américains dans la foulée.

Depuis le premier janvier, l'indice a déjà perdu près de 6% soit une grande partie de ses gains enregistrés en 2015.

"Dans ce contexte de tensions financières renouvelées en Chine (...) la baisse du yuan alimente la baisse du pétrole, qui alimente elle-même la chute des marchés", ont estimé les analystes d'Aurel BGC.

"C'est déjà une semaine à oublier", a également souligné Michael Hewson, un analyste de CMC Markets, en évoquant une "multitude d'inquiétudes au sujet des tensions entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, la bombe nord-coréenne et l'économie chinoise qui maintiennent les investisseurs dans un mauvais climat", sans parler des cours du pétrole qui continuent leur descente.

Selon lui, "c'est néanmoins la Chine qui domine tous les autres sujets de craintes" en raison de la rapide dépréciation du yuan, de la faiblesse de ses marchés et de la fragilité de son économie.

L'activation pour la deuxième fois cette semaine du mécanisme de fermeture prématurée des marchés après un nouvel effondrement des Bourses chinoises, lui-même généré par l'annonce officielle d'une baisse du yuan, la plus forte depuis août met de nouveau en exergue ce cocktail de craintes.

"L'hiver chinois ressemble fortement à l'été" puisque les places boursières chinoises ont été une nouvelle fermées ce matin et ce, pour la 2ème fois cette semaine, du fait de la chute de plus de 7% des indices boursiers", ont noté pour leur part les économistes du Credit Mutuel CIC.

Dans la foulée Tokyo (-2,33%) a aussi accusé le coup et les places européennes ont suivi.

Les cours du pétrole continuaient pour leur part à reculer jeudi en Asie, frôlant les 33 dollars le baril.

Du côté des indicateurs, l'agenda est bien rempli, la zone euro doit en effet publier ses chiffres de chômage et ses ventes au détail en novembre.

Avant l'ouverture des marchés européens, l'Allemagne a publié des commandes industrielles en novembre en hausse inattendue et ses ventes au détail du même mois ont rebondi mais un peu moins que prévu.

Outre-Atlantique, les demandes hebdomadaires d'allocation chômage sont au programme, à la veille du rapport mensuel sur l'emploi américain en décembre, une des statistiques les plus attendues par les investisseurs.

Sur le terrain des valeurs, les valeurs liées au pétrole et aux matières premières étaient de nouveau en première ligne des baisses. ArcelorMittal s'enfonçait de 7,25% à 3,43 euros, Vallourec 6,63% à 7,20 euros, CGG 5,51% à 2,40 euros, Technip 4,32% à 39,85 euros ou Total -3,47% à 38,39 euros.

Air France-KLM reculait de 1,96% à 7,40 euros. Le groupe devrait repasser dans le vert en 2015, après avoir été affecté par des pertes depuis des années, a affirmé mercredi son PDG Alexandre de Juniac lors de voeux à la presse.

April baissait aussi de 0,48% à 12,40 euros alors que l'assureur et courtier a annoncé l'acquisition d'Avilog, société française spécialisée dans la gestion des prestations santé en assurance collective, et Globalhealth, grossiste hongkongais de produits de santé dans l'assurance collective et individuelle.

LDC évoluait à l'équilibre (+0,01% à 178,03 euros) après avoir confirmé son objectif d'un résultat opérationnel courant supérieur à 150 millions d'euros, pour son exercice 2015/2016, après une nette croissance sur neufs mois, dopée par des acquisitions.

Bureau Veritas reculait de 1,47% à 17,47 euros. Le groupe d'inspection et de certification a annoncé l'acquisition de NCC, une société brésilienne spécialisée dans la certification d'équipements électriques et électroniques au Brésil et en Argentine, pour un montant non divulgué.

M6 refluait aussi de 1,99% à 15 euros. Le groupe poursuit sa diversification sur le web en lançant deux nouvelles chaînes YouTube, l'une consacrée à la danse et l'autre à la mode-beauté pour les femmes de 25-40 ans.

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