Bilan

Les bénéfices des banques américaines dopés par la victoire de Trump

Le secteur bancaire américain flambe depuis l'élection présidentielle et la victoire surprise de Donald Trump le 8 novembre.

"Depuis l'élection américaine nous avons observé une hausse de la confiance des investisseurs", explique JPMorgan.

Crédits: AP

Les trois premières grandes banques américaines ont annoncé vendredi de gros bénéfices pour 2016, dopés par l'emballement des marchés financiers après la victoire surprise de Donald Trump le 8 novembre.

JPMorgan Chase, la première banque du pays, a ainsi dégagé un bénéfice record de 27,73 milliards de dollars, dont 6,73 milliards au quatrième trimestre.

Deuxième établissement du pays, Bank of America a gagné 16,2 milliards de dollars dont 4,34 milliards sur les trois derniers mois de l'année (+46,8%).

"L'économie américaine est en train de gagner en dynamique", a expliqué Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, ajoutant que l'avenir présente des opportunités pour mettre en place des mesures destinées à stimuler la croissance et à créer des emplois.

Le secteur bancaire flambe depuis l'élection présidentielle américaine, sur des espoirs d'un assouplissement de la règlementation financière, ce qui augurerait d'un âge doré pour la spéculation, fortement encadrée par l'administration sortante via la loi Dodd-Frank.

Cet optimisme s'est traduit par un bond des recettes générées par le courtage des bons du Trésor et autres obligations, des matières premières et des devises (FICC), dont le chiffre d'affaires a bondi de 31% chez JPMorgan et de 11% chez Bank of America.

"Depuis l'élection américaine nous avons observé une hausse de la confiance des investisseurs", explique Marianne Lake, la directrice financière de JPMorgan.

Donald Trump, qui prendra le pouvoir le 20 janvier, a promis de démanteler la loi Dodd-Frank, d'abaisser massivement les impôts et a nommé des figures de Wall Street à des postes clés de l'économie américaine dont Steven Mnuchin, un ancien "Goldman Boy" à la tête du Trésor.

Le KBW, indice boursier regroupant les valeurs bancaires à Wall Street, a gagné 23% depuis le 8 novembre.

Scandales

"Il est encore trop tôt pour déterminer l'impact qu'aura le changement d'administration à Washington sur l'environnement règlementaire", a tenté de tempérer vendredi Paul Donofrio, le directeur financier de Bank of America, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Le secteur financier américain a également reçu un coup de pouce de la banque centrale (Fed), qui a relevé en décembre son taux d'intérêt principal et suggéré des mouvements supplémentaires cette année.

Des taux d'intérêt élevés sont positifs pour les banques parce qu'elles peuvent les répercuter sur les consommateurs en augmentant le coût de leurs produits (prêts à la consommation et prêts immobiliers consentis, commissions prélevés sur les cartes bancaires et les dépôts...).

"Si le récent relèvement des taux est intervenu trop tardivement pour doper les résultats du quatrième trimestre, nous anticipons une hausse plus importante des bénéfices au premier trimestre 2017", anticipe M. Donofrio.

En attendant, les marges bénéficiaires ont commencé à s'améliorer, en l'occurrence la marge d'intérêt nette - différentiel net entre le taux d'emprunt et le taux de placement de l'argent.

Elle a augmenté à 2,87% au quatrième trimestre contre 2,82% trois mois plus tôt chez la banque californienne Wells Fargo, qui octroie un prêt immobilier sur cinq aux Etats-Unis.

Ces résultats montrent que "l'avenir est radieux" pour les banques, estiment les analystes d'Evercore.

La page des scandales est, elle, loin d'être tournée comme en atteste le recul de 4,2% à 21,94 milliards de dollars des bénéfices 2016 de Wells Fargo, principalement dû aux amendes et coûts des mesures prises pour solder l'affaire des comptes fictifs créés au nom mais à l'insu de ses clients.

L'établissement, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, a ouvert entre 2011 et 2016 deux millions de comptes fictifs qui avaient permis à ses employés de toucher des primes liées à la vente de produits aux clients.

Le scandale, qui a éclaté en septembre, a mis en lumière la pratique décriée de la vente croisée qui veut que si un client dispose d'un compte courant, il faut lui faire ouvrir un compte épargne, un crédit immobilier, un crédit automobile, une assurance, des produits d'investissements, etc.

Le département de la Justice (DoJ) et le gendarme de la Bourse, la SEC, ont ouvert chacun une enquête.

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