Bilan

Les banques suisses sereines dans la tourmente boursière

UBS et Credit Suisse se montrent sereines quant à leur exposition au secteur énergétique et à leur capitalisation.

Credit Suisse se contente lui aussi de renvoyer à son bilan annuel. Pour mémoire, la banque a opéré en fin d'année une augmentation de capital, levant quelque 6 milliards de francs.

Crédits: Reuters

La chute des prix du pétrole semble désormais générer des craintes pour la profitabilité des banques. A la Bourse suisse, les titres financiers décrochent depuis le début de l'année, avec des hauts et des bas. Mais UBS et Credit Suisse se montrent sereines quant à leur exposition au secteur énergétique et à leur capitalisation.

Mercredi, la Bourse suisse a connu un répit. La veille, elle inscrivait une nouvelle séance noire, tandis que l'indice des valeurs vedettes SMI touchait un plus bas depuis plusieurs années. L'action Credit Suisse perdait plus de 8%, portant à 40% sa dépréciation depuis le début de l'exercice. Celle d'UBS cédait 5,6%, marquant un repli de 25% sur cinq semaines.

Les craintes liées à la croissance américaine, à la Chine, au pétrole et maintenant au secteur bancaire européen ont provoqué un bradage des actifs risqués, relève dans une note publiée mercredi Mark Haefele, responsable des investissements au niveau mondial pour UBS. Des préoccupations qu'il juge légitimes, et déjà "largement prises en compte" par les marchés.

Dans ce contexte, la performance des banques européennes figure parmi les pires, avec une dégringolade de près de 30% depuis début janvier. Et les indices correspondants signalent un risque accru de défaut de paiement dans le secteur.

Risque exagéré

"Nous pensons que le marché exagère le risque quant à la nécessité pour les banques européennes de devoir lever des capitaux supplémentaires", assure Mark Haefele dans la note. "Beaucoup de banques ont déjà satisfait aux exigences de fonds propres réglementaires", rappelle-t-il.

Sauf détérioration importante de la croissance économique, UBS ne voit pas de menaces pour les positions en capital des banques, souligne le document. Contacté par l'ats, le numéro un bancaire helvétique ne peut que comparer sa propre situation à l'ensemble du secteur.

"Le titre UBS a perdu bien moins que les autres, ce qui atteste de notre solide capitalisation", déclare Samuel Brandner, porte-parole de l'établissement aux trois clés. Et de s'en référer aux données publiées la semaine dernière. A savoir un ratio de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) de 14,5% et un ratio de levier de 5,3% au terme du quatrième trimestre.

En ce qui concerne l'exposition d'UBS aux hydrocarbures, elle se chiffre à 6,1 milliards de francs au 31 décembre. En termes géographiques, près de 90% de ces prêts concernent l'Amérique du Nord, "une région stable", souligne M. Brandner. Et plus de 40% le segment des infrastructures, plus résilient aux bas prix de l'énergie.

Credit Suisse se contente lui aussi de renvoyer à son bilan annuel. Pour mémoire, la banque a opéré en fin d'année une augmentation de capital, levant quelque 6 milliards de francs. A fin décembre, son ratio de capital CET1 atteignait 11,4% et le ratio de levier, selon la réglementation suisse, 5,2%.

L'exposition au pétrole et au gaz de Credit Suisse dépasse en revanche les 9 milliards de dollars (8,8 milliards de francs), dont 3,3 milliards de prêts dans l'exploration et l'extraction, particulièrement touchés par l'anémie des cours. L'essentiel de l'exposition se concentre là aussi aux Etats-Unis et au Canada (81%).

Problème des matières premières

"Le problème est l'exposition en général de l'industrie financière au secteur de matières premières", explique Angelo Ranaldo, professeur en finance et risque systémique à l'Université de Saint-Gall. Ces dernières sont devenues une classe d'actifs populaire pour les investisseurs, au même titre que les actions et les obligations.

L'industrie financière a joué un rôle actif dans cette "financiarisation des marchés des matières premières". "L'enivrement actuel a favorisé cela, notamment avec des taux d'intérêts très bas et une énorme liquidité à la recherche d'investissements lucratifs", soutient l'expert tessinois.

"Je pense qu'UBS et Credit Suisse doivent s'inquiéter des risques accrus de défaut des contreparties, surtout celui d'autres banques", dit M. Ranaldo, citant Deutsche Bank. "Les banques suisses sont quant à elles plutôt bien capitalisées".

Le professeur ne s'attend donc pas à ce que les autorités helvétiques exigent du capital additionnel. "Ce serait assez illogique et contraire à l'approche anticyclique", conclut-il.

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