Bilan

Les banques se séparent de leur back-office

L’informatique et les fonctions administratives liées à la gestion de portefeuille et au négoce de titres s’externalisent. Les prestataires se positionnent sur le marché avec des solutions de plus en plus intégrées.

Deutsche Bank Suisse fait d’une pierre deux coups en externalisant sa plate-forme informatique et son exploitation.

Crédits: DR

Pourquoi faire soi-même ce que d’autres font mieux et moins cher? C’est le raisonnement qu’a fait Deutsche Bank Suisse en externalisant, à la société tessinoise B-Source, sa plate-forme informatique ainsi que son back-office - soit les fonctions administratives liées à la gestion de portefeuille et au négoce de titres. Avec la nécessité impérieuse de réduire les coûts, l’outsourcing bancaire est dans tous les esprits.

«Les nouvelles régulations bancaires complexifient le métier et poussent à adapter notre modèle d’affaires», explique Tanja Kocher, porte-parole de Deutsche Bank Wealth Management. 

La banque allemande fait d’une pierre deux coups en externalisant sa plate-forme informatique et son exploitation. «Ce mouvement stratégique nous permet de nous concentrer sur notre cœur de métier, à savoir le conseil à notre clientèle, le développement de produits et la gestion de nos investissements», ajoute Tanja Kocher.

L’outsourcing ne date pas d’hier. Il y a quelques années déjà, certaines banques confiaient la gestion informatique à de lointains prestataires. Une décision parfois regrettée: analyse incomplète des coûts, différences de culture, dépendance sous-estimée ont donné lieu à des cas de rapatriements traumatisants des plates-formes.

Mais la complexité induite par les évolutions législatives a généré une vaste typologie de clients, qu’il faut rester en mesure de servir. «Avec moins de 10 milliards de francs sous gestion, une banque ne peut plus se permettre de garder l’IT à l’interne», résume Dominique Freymond, associé fondateur de MAS, société de conseil financier. Les prestataires locaux le savent et se positionnent sur le marché avec des solutions de plus en plus intégrées. 

Acteur historique, Crédit Agricole Private Banking Services gère l’informatique (plate-forme S2i) et le back-office d’une vingtaine de banques. Sur le même segment, B-Source (et sa plate-forme Avaloq) devient lui aussi incontournable.

Quelles responsabilités juridiques?

Christophe Lamon et Christian Meylan dirigent SwissmeFin, qui accompagne les institutions financières dans leur développement. «Le choix du prestataire doit impérativement prendre en considération le modèle de développement ainsi que les projections géographiques de la banque», explique Christophe Lamon. Le prestataire doit être capable de suivre (ou de devancer) la banque dans ses croisades internationales, notamment en termes de fiscalité, de reporting, de langues et plus généralement de fonctionnalités locales.

Ces partenariats soulèvent aussi des questions juridiques. «En cas de violation des règles, la banque demeure totalement responsable au plan légal. Mais le prestataire assume aussi une responsabilité subsidiaire sur les opérations du client, car il ne pouvait totalement ignorer les opérations de la banque», explique Christian Meylan.

Alors que les banques se délestent de manière croissante, «il est impératif qu’elles gardent à l’interne les facteurs de différenciation que sont la fonction commerciale et le management, souligne Christian Meylan. Il s’agit de rester capable de concevoir et de cibler son offre de produits et services.»

L’externalisation a contribué à standardiser l’opérationnel des banques; cette étape pourrait être vue comme facilitatrice de fusions, à l’heure où les modèles d’affaires se réinventent.

Yves Smadja

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