Bilan

Les banques grecques en danger

Après le non des Grecs aux propositions de réforme du FMI et de l'UE, le plus grand danger provient des banques grecques, à court de liquidités et sous perfusion de la BCE.

"Un effondrement du système bancaire est le risque principal dans l'immédiat", a estimé M. Jung, selon lequel une ouverture mardi des banques sera difficile, voire impossible.

Crédits: Reuters

Les négociations entre Athènes et ses créanciers vont encore se poursuivre pendant des semaines, après le non des Grecs aux propositions de réforme du FMI et de l'UE, ont estimé lundi des économistes interrogés par AWP. Le plus grand danger provient dans l'immédiat des banques grecques, à court de liquidités et sous perfusion de la Banque centrale européenne (BCE), ont-ils averti.

"Les prochaines échéances viennent rapidement: dès le 10 juillet, la Grèce doit refinancer 2 mrd EUR en dette gouvernementales ("T-Bills"), avant l'échéance de 3,5 mrd dus à la BCE le 20 juillet. Si la Grèce ne peut pas rembourser la BCE, elle sera en défaut vis-à-vis de cette institution et ne pourra plus accéder à l'ELA", a indiqué l'économiste en chef de Mirabaud, Gero Jung.

Les banques grecques, fermées depuis lundi dernier, sont sous perfusion de l'institut d'émission européen, qui a décidé de maintenir ses prêts d'urgence ELA. "Un effondrement du système bancaire est le risque principal dans l'immédiat", a estimé M. Jung, selon lequel une ouverture mardi des banques sera difficile, voire impossible. Ce dernier juge peu probable que la BCE augmente le plafond d'aide aux banques grecques comme demandé par Athènes.

Pour Nadège Dufossé, responsable de l'allocation d'actifs chez Candriam Investors, "les banques grecques s'effondreront immédiatement, si la BCE décide d'arrêter l'ELA".

La balle est ainsi entre les mains de l'institut dirigé par Mario Draghi. La BCE "décidera si les banques grecques restent en vie ou pas", a renchéri Christian Gattiker-Ericsson, stratégiste en chef de Julius Bär. La semaine s'annonce cruciale et montrera si une solution peut être trouvée ou non, a-t-il ajouté.

"Un accord entre la Grèce et ses créanciers sera compliqué à réaliser. Concrètement, je ne vois pas sur quoi ils pourront négocier", s'est interrogée Mme Dufossé, ajoutant que la situation s'était compliquée avec l'annonce de la démission du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

RISQUE DE CONTAGION LIMITÉ

"Le temps presse pour la Grèce. La BCE ne va pas prendre de risque et maintenir l'ELA. Le stress au niveau des liquidités des banques va accélérer les négociations et une réponse devrait être trouvée en juillet", a-t-elle ajouté.

Un accord sera cependant difficile à trouver en 48 heures, a tempéré M. Jung. "Les négociations vont prendre des semaines et l'été sera chaud. Si on met en place l'aide du MES (Mécanisme européen de stabilité), il faut d'abord que la BCE et le FMI fassent une projection de soutenabilité de la dette et des besoins de financement de la Grèce et il faut le feu vert du Bundestag. Cela prendra du temps".

Après la forte réaction des marché lundi dernier, les spécialistes estiment que le risque de contagion est dans l'immédiat limité. "Les marchés ont adopté une position attentiste et une réaction assez forte de la BCE devrait éviter la contagion vers les autres pays de la zone euro. Pour le moment, la situation est contenue grâce à la BCE", a estimé Mme Dufossé.

Selon la banque IG, les marchés devraient baisser dans l'immédiat mais effacer leurs pertes dans la semaine. "Chaque annonce va produire de la volatilité sur les marchés", mais même en cas de "Grexit", l'impact sur la zone euro devrait être réduit.

A la Bourse suisse, le SMI limitait ses pertes dans la matinée (0,79% à 09h52), tout comme le Dax (-1,36%), le FTSE-100 (-0,62%) et le CAC 40 (-1,62%).

La situation était également à la détente sur le front des devises, l'euro remontant face au dollar (1,1074 EUR/USD) et au franc (1,0436 EUR/CHF).

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