Bilan

Les banques ciblent les clientes aisées

L’industrie bancaire développe désormais des stratégies complètes pour attirer les femmes fortunées. Aux Etats-Unis, elles disposent même de robots-conseillers spécifiques.

Les femmes détiennent déjà 30% de la fortune mondiale.

Crédits: Bloomberg/Getty images

A combien s’élèvent les richesses qui seront créées par des femmes d’ici à 2021? A quelque 18 millions de millions de dollars (soit 10 à la puissance 12), selon une étude d’Ernst & Young. Détenant déjà 30% de la fortune mondiale, les femmes vont en effet voir croître leur patrimoine de quelque 7% annuels ces prochaines années (selon le Boston Consulting Group 2016). 

Voilà des données qui n’ont pas échappé au géant helvétique UBS, qui a fait de la clientèle féminine un axe stratégique prioritaire. «Un programme destiné aux femmes baptisé «UBS Unique» a été lancé en décembre 2016. Ce projet a pour but d’adapter la gamme de services afin de mieux répondre à leurs besoins. UBS collabore en outre avec Rethink Impact, un fonds de capital-risque investissant dans des entreprises à impact social et favorisant la diversité, des aspects qui touchent en priorité des femmes», explique Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole de la banque.

Chez Credit Suisse aussi, la culture d’entreprise accorde une importance accrue à la clientèle féminine. «Dans le domaine de la prévoyance par exemple, le fait que les femmes aient des interruptions d’activité dans leur vie professionnelle en raison des maternités fait qu’elles ont des lacunes dans leur caisse de pension. Comme elles vivent en moyenne plus longtemps, elles sont en plus davantage tributaires de leur fortune à leur retraite», détaille Fabienne Briggeler, responsable du segment «Affluent & Retail» chez Credit Suisse. En 2016, la banque a formé un millier de conseillers afin qu’ils soient en mesure de répondre aux besoins spécifiques de la clientèle féminine.

Aux Etats-Unis, l’industrie des robots gestionnaires de fortune a donné naissance à des outils calibrés pour cette clientèle. De nombreuses études s’accordent sur les spécificités de femmes investisseuses. Cette population se révèle moins soucieuse que son pendant masculin d’accumuler les performances et de battre le marché. Ancienne de Merrill Lynch à Wall Street, Sallie Krawcheck a ainsi créé en 2016 Ellevate, un réseau digital dont le but est d’offrir à une clientèle de femmes actives des possibilités d’investissements automatisés qui leur correspondent. 

Avec le soutien de Venus Williams 

Egalement aux Etats-Unis, la solution automatisée Ellevest propose pour une commission annuelle de 0,5% d’investir dans des fonds ETF orientés vers le développement durable. La plateforme offre aussi des solutions afin de lancer une entreprise, acheter un logement, avoir des enfants, puis de disposer d’une retraite confortable. Fin 2016, Ellevest a levé 9 millions de dollars. Parmi les actionnaires: la championne de tennis Venus Williams, connue pour son engagement en faveur de l’égalité des sexes. 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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