Bilan

Les banques centrales réveillent brutalement les marchés

Les places financières mondiales s'inscrivaient en nette baisse lundi à la mi-journée, inquiètes d'une hausse prochaine des taux aux Etats-Unis.

La BCE a quant à elle douché les attentes jeudi en ne modifiant ni ses taux d'intérêt ni son vaste programme de rachats d'actifs.

Crédits: AFP

Un peu partout dans le monde, les places financières s'inscrivaient en nette baisse lundi à la mi-journée, inquiètes d'une hausse prochaine des taux aux Etats-Unis, un mouvement qui n'épargnait pas le marché des dettes souveraines.

"Les marchés mondiaux sont tombés de leur lit après un mois d'août somnolant", constate Jasper Lawler, un analyste de CMC Markets. "Les mouvements ont été si étonnement faibles sur les marchés actions que cela ne pouvait que se terminer par une secousse", souligne-t-il.

Les questions entourant l'avenir des politiques monétaires, notamment aux Etats-Unis "créent un vent de stress sur les marchés mais ce n'est pas non plus la panique", relate pour sa part Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

En Asie et en Europe, les investisseurs ont accusé le coup en début de matinée, dans le sillage de Wall Street qui a fini vendredi sur une baisse prononcée, le Dow Jones signant son plus fort repli depuis le 24 juin, au lendemain du Brexit, le vote en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Hong Kong a clôturé en baisse de 3,36%, Shanghai cédant 1,85% tandis que l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a lâché 1,73%.

Côté européen, la Bourse de Paris naviguait autour des -2%, tout comme Francfort, Londres pliant pour sa part de 1,50%.

"Le statu quo de la BCE (Banque centrale européenne, ndlr), jeudi dernier, et quelques déclarations de membres du FOMC (Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, NDLR) ont induit un brutal retour de la volatilité sur les marchés", observent les stratégistes du courtier Aurel BGC.

Le Vix monte en flèche

Le Vix, l'indice de la peur, montait en flèche lundi matin, à un niveau qu'il n'avait pas atteint depuis les soubresauts des marchés après le Brexit.

Un temps écartée, la possibilité d'une hausse des taux directeurs de la Banque centrale américaine (Fed) dès sa prochaine réunion les 20 et 21 septembre, "revient sur le tapis après des propos la semaine dernière" de certains de ses membres, relève M. Tuéni.

Vendredi, Eric Rosengren, président de l'antenne régionale de la Fed de Boston, réputé jusqu'ici grand partisan d'un maintien des taux bas, a donné le ton en indiquant, pour la seconde fois en deux semaines, qu'il était temps de normaliser graduellement la politique monétaire américaine.

Deux autres interventions sont attendues lundi, avant que l'institution monétaire américaine n'entre dans une période de silence précédant sa prochaine réunion.

La Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle douché les attentes jeudi en ne modifiant ni ses taux d'intérêt ni son vaste programme de rachats d'actifs, la déception s'étant notamment installée quand son président Mario Draghi a affirmé qu'une modification de son programme d'assouplissement monétaire, dit "QE", n'avait pas été discutée.

"Pour les banques centrales, l'enjeu est de sortir de l'environnement de taux bas et ainsi retrouver plus de marges de manoeuvre dans leur politique monétaire", analysent les stratégistes de Crédit Mutuel-CIC.

Le marché obligataire souverain, où s'échange la dette déjà émise par les Etats, n'était pas épargné par cette vague d'inquiétude, le mouvement de vente massif des investisseurs se traduisant par une hausse des taux.

Le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne, ou Bund, qui fait référence sur le marché de la dette, est même repassé en territoire positif vendredi, dans lequel il n'avait plus évolué depuis le 22 juillet.

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