Bilan

Les assurances sociales sont péjorées par des salaires qui stagnent

Ces cinq dernières années, toutes les branches d'assurance sociale n'ont connu que des adaptations minimes des prestations.

Les dépenses ont augmenté, surtout en raison notamment l'augmentation du nombre de bénéficiaires dans l'AVS et la prévoyance professionnelle (PP).

Crédits: Keystone

L'évolution des recettes des assurances sociales dépend dans une large mesure de celle des salaires nominaux. Or, dès 2000, ceux-ci n'ont augmenté que de 1 à 2% par année tout au plus, selon l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

En 2014, les recettes des assurances sociales ont augmenté de 2,4 %, et les dépenses, de 1,9 %, a indiqué l'OFAS dans un rapport de plus de 140 pages, publié mardi. Comparé à l'année précédente, le résultat (22 milliards de francs) est légèrement meilleur. Mais l'OFAS annonce une dégradation pour 2015.

Ces cinq dernières années, toutes les branches d'assurance sociale n'ont connu que des adaptations minimes des prestations. Les dépenses n'en ont pas moins augmenté, surtout en raison d'évolutions réelles. Parmi elles: l'augmentation du nombre de bénéficiaires dans l'AVS et la prévoyance professionnelle (PP) ou l'accroissement du recours aux prestations dans l'assurance-maladie.

Il est pratiquement impossible d'influer sur ce type d'augmentation des dépenses. Celles-ci provoquent une progression du taux des prestations sociales, si le PIB n'affiche pas simultanément une croissance au moins équivalente.

Même niveau qu'en 2004

Or, comme le PIB n'a progressé que de 1,5% en moyenne au cours des quatre dernières années et que les taux de variation des prestations sociales étaient nettement supérieurs (AVS +2,8%, prestations complémentaires (PP) +2,6%, assurance-maladie +4,2%), le taux des prestations sociales n'a cessé d'augmenter. Son niveau actuel a déjà été atteint par le passé, en 2004.

Pour éviter une hausse du taux de la charge sociale de 2011 à 2014, il aurait fallu que les recettes des assurances sociales ou les cotisations des assurés n'aient pas dépassé la hausse moyenne de 1,5% du PIB. Mais elles ont progressé en fait de 3,1% en moyenne, d'où l'augmentation de ce taux. Cela reflète les efforts entrepris ces dernières années pour améliorer le financement des assurances sociales.

Premier aperçu pour 2015

Les assurances sociales centralisées financées par des cotisations salariales - AVS, assurance-invalidité (AI), assurance perte de gains (APG) et assurance-chômage (AC) - enregistrent en 2015 une évolution financière relativement défavorable. Pour chacune d'elles, le résultat des comptes est quelque peu inférieur à celui de l'année précédente.

Le compte global 2015 devrait donc être moins bon que celui de 2014. Le PIB accuse une progression plus faible, de 0,3% pour 2015.

Annoncé en début de l'année, le résultat d'exploitation de l'AVS a chuté dans les chiffres rouges en 2015, à -559 millions de francs, alors qu'il se montait encore à 1,7 milliard en 2014. Les dépenses ont largement dépassé les recettes.

Un cas de figure qui n'est pas nouveau, puisqu'il s'est déjà produit dans les années 1970 et 1980 pour des raisons conjoncturelles, et dans les années 1990 pour des causes démographiques, avait précisé l'OFAS.

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