Bilan

Les actions chères ont toujours la cote

Le marché est animé actuellement par un momentum: la préférence va aux titres de qualité qui se sont déjà bien appréciés, indépendamment de leur valorisation.
  • Vifor Pharma présente une valorisation élevée, avec un ratio cours/bénéfice (PER) de 45.

    Crédits: Vifor
  • Le fabricant d’implants dentaires Straumann a vu son action grimper de près de 590% depuis 2012.

    Crédits: Georgios Kefalas/Keystone

Straumann est un excellent exemple: depuis fin 2012, l’action a grimpé de près de 590%. Le fabricant d’implants dentaires impressionne par la croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires, au-dessus de ce que connaît son marché. A en croire les intervenants sur le marché, il mérite donc une valorisation élevée: sur la base du bénéfice attendu pour 2018, les valeurs sont traitées à un ratio cours/bénéfice (PER) de 44. Il y a cinq ans, ce PER était encore de 23.

Cette énorme hausse de cours repose pour une bonne part sur une expansion de la cote, autrement dit les actions sont devenues plus chères. Néanmoins, cette année encore, elles ont nettement mieux évolué que le marché.

Martin Schlatter, responsable actions chez Swiss Rock Asset Management, confirme: «En ce moment, le marché est fortement animé par un momentum.» Cela veut dire que les titres qui, ces derniers temps, ont évolué mieux que la moyenne gardent leur élan et continuent de bien marcher, indépendamment de leur valorisation. En revanche, selon Martin Schlatter, l’approche «value» ne fonctionne pas bien en ce moment (avec ce style d’investissement, on tente de sélectionner des valeurs dotées d’un prix avantageux (lire l’encadré ci-dessous sur les indicateurs de valorisation importants).

Les midcaps favorisées

On remarque que les actions d’entreprises suisses de taille moyenne sont très valorisées. Le PER des valeurs contenues dans le SPI Middle a augmenté en moyenne de 18 à plus de 25 entre décembre 2012 et le milieu de cette année. Au sein du SPI en général, la valorisation a évolué dans le même temps d’un peu moins de 13 à tout juste 14.

Bien des entreprises cotées de taille moyenne se distinguent par le fait qu’elles sont superbement positionnées, occupent sur leur marché une position dominante, croissent notablement et sont bien dirigées. Exemples, outre Straumann: Ems-Chemie, le chocolatier Lindt & Sprüngli, le producteur de logiciels bancaires Temenos.

Parmi les représentants plus modestes du baromètre des valeurs standards SMI, il s’en trouve aussi plusieurs à posséder les mêmes marqueurs de qualité. Notamment le fabricant d’arômes et fragrances Givaudan, le sous-traitant du bâtiment Sika, celui de la pharma Lonza et le technicien sanitaire Geberit. Ce qu’ils ont en commun, c’est la cherté de leurs actions (voir tableau ci-contre).

A l’inverse, on trouve également des blue chips avec une valorisation basse, en premier lieu les grands titres de la pharma. Ceux de Novartis sont traités aujourd’hui avec un PER autour de 15, alors que c’était encore le double au tournant du millénaire. La pression sur les prix des médicaments aux Etats-Unis et les questions liées à la croissance freinent la propension des investisseurs à acheter. Les titres cycliques se distinguent également par leur valorisation basse, notamment ceux du fournisseur de personnel Adecco, du producteur d’acier Schmolz + Bickenbach et du sous-traitant de l’automobile Autoneum. Dans ces deux derniers cas, ce sont les soucis quant aux entraves au commerce qui jouent un rôle. Parmi les cycliques, l’évolution des cours est cependant aussi de plus en plus freinée par le soupçon que le cycle économique global pourrait avoir atteint son plus haut. 

Opinions divergentes

Question: sur quels titres les investisseurs devraient-ils miser? Sur de coûteuses actions de qualité qui marchent fort ou vaut-il mieux observer à nouveau de près les ratios de valorisation? Parmi les professionnels, les opinions divergent.

Thomas Della Casa, responsable gestion du patrimoine à Helvetische Bank, considère toujours que les actions de qualité méritent d’être achetées même si, au premier regard, elles sont chères. Pour lui, la qualité réside justement dans le fait qu’en cas de phase conjoncturelle difficile une entreprise peut défendre ses marges grâce à son pouvoir accru sur les prix et une position de marché forte. Straumann a un modèle d’affaires qui correspond à ces conditions. Pour ce professionnel de l’investissement, vu la croissance prévisible, le sujet critique
de la valorisation élevée se relativise.  

* «Finanz und Wirtschaft» 

Andreas Kälin*

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