Bilan

Les taux négatifs plombent le moral des banquiers

Malgré les nombreuses difficultés qu’affronte le secteur, les établissements du pays ont signé un bénéfice en hausse de 17% lors de l’exercice 2018.

Au vu des limitations liées aux contraintes actuelles, les chiffres des banques suisses se révèlent étonnamment bons.

Crédits: Keystone

En recul de 1,4% pour rapport à 2017, les effectifs bancaires helvétiques se sont avérés, en 2018, quasiment stables un peu plus de 90'000 emplois. Après avoir coûté la disparition de 20% des postes ces dix dernières années, la restructuration qui a suivi la tempête financière de 2008 est bel et bien terminée.

En contrepartie, les banques souffrent aujourd’hui des taux négatifs fixés par la BNS (Banque Nationale Suisse) qui rabotent les marges d’intérêts. Ecueil supplémentaire, les banques doivent résister à la nouvelle concurrence d’établissements non bancaires sur leur territoire historique du crédit. En effet, en quête de rendement, les assurances et caisses de pension proposent maintenant aussi des hypothèques. Autant d’entraves qui faisaient dire, lors de la présentation du baromètre dédié à la branche, fin août à Zurich, au vice-CEO de l’Association suisse des banquiers (ASB) August Benz : «Dans un contexte exigeant, le secteur a relevé le défi.»

La Suisse exclue du marché intérieur de l’Union Européenne

Toujours au registre des difficultés, rappelons que la Suisse est exclue du marché intérieur de l’Union Européenne (UE), ce qui pénalise lourdement le secteur. «L’accès aux clients étrangers reste un handicap majeur. La tendance générale est au verrouillage des marchés», a souligné Martin Hess, chef économiste de l’ASB. Le lobby bancaire helvétique presse donc les autorités à conclure un accord-cadre avec l’UE qui, en plus de l’accès au marché, rétablirait également la reconnaissance de l’équivalence boursière suisse.

Au vu de ces limitations, les chiffres se révèlent étonnamment bons. Totalisant 248 établissements, l’industrie bancaire n’a perdu que 5 unités en 2018. Le résultat consolidé de la branche grimpe de 4,6% à 65,3 milliards de francs et le bénéfice fait un bond de 17,3% à 11,5 milliards. Martin Hess détaille: «Cet amélioration du rendement s’explique en grande partie par la réduction des charges induite par les suppressions d’emploi.»

Les fonds venus de l’étranger tendent actuellement à s’équilibrer

Selon la direction de l’ASB, il reste des raisons de se réjouir. Les caisses de pension étrangères montrent un grand intérêt par les produits financiers durables «Made in Switzerland», ce qui atteste de la bonne renommée de la place helvétique. En outre, en dépit de l’abandon du secret bancaire il y a dix ans, le Wealth Management et l’Investment Management demeurent des piliers de la place financière helvétique.

Les fonds venus de l’étranger tendent actuellement à s’équilibrer à 47% du total des avoirs gérés en Suisse. Un résultat obtenu en dépit d’une forte densité règlementaire par rapport à la concurrence. Et avec 26,6% de part de marché, la Suisse conserve sa place de leader mondial dans la gestion transfrontalière pour les clients privés.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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