Bilan

Les gagnants et perdants de la guerre commerciale entre la Chine  et les  Etats-Unis

Après la décision de Trump de taxer les importations d’acier, le recul des échanges a aggravé le ralentissement de la croissance mondiale.

Perspectives Depuis mars 2018 et le début des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les principaux indicateurs de croissance ont perdu du terrain: l’économie américaine a relativement bien résisté, alors que l’Europe a souffert et que la conjoncture chinoise s’est considérablement détériorée (voir graphique). Les marchés du travail américain et européen ont fléchi. L’inflation reste généralement modérée, grâce aux mesures mises en place par les banques centrales.

La croissance chinoise a ralenti, passant de 6,8% au premier trimestre (T1) 2018 à 6,2% au T2 2019, les mesures de relance budgétaire, monétaire et d’accès au crédit ayant toutefois atténué l’impact. De plus en plus de sociétés du secteur manufacturier, tout comme certains secteurs technologiques et des biens de consommation, se délocalisent vers les pays voisins, notamment la Thaïlande et la Malaisie. Nous tablons sur un ralentissement de la croissance chinoise à 6% en 2020. Néanmoins, les autorités du pays pourraient prendre de nouvelles mesures pour stabiliser la conjoncture. Par ailleurs, elles disposent d’une vision à long terme, contrairement au président Trump qui devra se présenter à nouveau devant les électeurs en 2020.

Aux Etats-Unis, si les incidences sur l’activité ont été plus modérées, le ralentissement de l’économie chinoise conduira à une inflation plus élevée. Les taxes à l’importation nuisent de plus en plus aux secteurs industriel, agricole, de l’énergie et des transports aux Etats-Unis. Cela est susceptible d’affecter de manière significative la base électorale du président Trump. Inquiets, les agriculteurs américains souhaitent la conclusion d’un accord. Les sociétés de transport routier de marchandises et les entreprises du secteur de l’énergie ont enregistré des baisses à deux chiffres sur le seul mois d’août. Nous anticipons un ralentissement de la croissance américaine, qui passera de 2,3 % cette année à 1,8 % en 2020.

En Europe, les économies exportatrices (Italie et Allemagne) ont été durement frappées par l’affaiblissement de la demande. En Asie, l’Inde, l’Indonésie et les Philippines ont relativement bien résisté. Le Vietnam, la Corée et Taïwan ont bénéficié de la substitution des exportations chinoises vers les Etats-Unis et, dans certains cas, de la réorientation progressive de l’investissement au fur et à mesure que les chaînes d’approvisionnement mondiales se déplacent. Cependant, l’augmentation de leurs exportations vers les Etats-Unis a été plus que compensée par la baisse de leurs exportations de matières premières vers la Chine. Enregistrant ainsi de très faibles gains nets, les trois économies ont ralenti au T1 2019. Stéphane Monier

*CIO, Lombard Odier Private Bank

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."