Bilan

Le service commun de paiement numérique toujours en discussion

Les discussions se poursuivent autour d'une solution commune de services de paiement numérique en Suisse, selon le président de SIX.

Cette activité est "hautement complexe en raison des interactions entre tous les acteurs, des sociétés émettrices de cartes aux commerçants. Des clarifications techniques ont par conséquent pris plus de temps que prévu", défend Alexandre Zeller.

Crédits: Keystone

Les discussions se poursuivent autour d'une solution commune de services de paiement numérique en Suisse, selon le président du prestataire de services d'infrastructure financière et opérateur de la Bourse suisse SIX. Les premiers résultats de ces discussions exploratoires avaient été annoncés pour début mai au plus tard.

"Les parties ont convenu de communiquer ensemble dès que les discussions seront finies", explique le président de SIX Alexandre Zeller, dans un entretien paru mardi sur le site du journal alémanique Finanz und Wirtschaft.

Cette activité est "hautement complexe en raison des interactions entre tous les acteurs, des sociétés émettrices de cartes aux commerçants. Des clarifications techniques ont par conséquent pris plus de temps que prévu", défend Alexandre Zeller.

Pour rappel, SIX, les cinq plus grandes banques helvétiques - Credit Suisse, PostFinance, Raiffeisen, UBS et la Banque cantonale de Zurich -, les détaillants Coop et Migros ainsi que l'opérateur Swisscom avaient annoncé fin mars leur volonté de répondre de manière unifiée au succès des solutions de paiement mobile lancées par PostFinance (Twint) et SIX (Paymit).

Un standard comme chance

Quant à savoir si une fusion entre Twint et Paymit en un seul prestataire aurait lieu, il est trop tôt pour le dire, affirme Alexandre Zeller: "Nous verrons bien si une ou deux firmes offriront ce standard (de paiement mobile en Suisse, ndlr)".

Le président de SIX relève cependant que, pour lutter contre les géants Samsung, Apple, Google et Alibaba, "nous ne voulons pas simplement être là et attendre. Si nous arrivons à mettre en place un standard suisse, nous avons une chance."

Il précise par ailleurs que Paymit n'est pour l'heure pas encore rentable: "La facture n'est pas encore réglée en raison des investissements."

Plateformes alternatives

S'exprimant également sur la fusion des Bourses anglaise et allemande, Alexandre Zeller juge cette évolution "pas tellement significative, car ni LSE (London Stock Exchange, ndlr) ni la Bourse allemande ne sont nos concurrents directs."

Il s'inquiète plutôt de la montée des solutions de "multi-trading facilities" (plateformes multilatérales de négociation). "Les actions de Nestlé et Novartis ne seront pas échangées dans les Bourses de Londres ou Francfort à l'avenir, mais sur de telles plateformes alternatives", prédit-il.

Nestlé et Novartis font d'ailleurs partie des cinq ou six entreprises d'ampleur mondiale cotées en Suisse et qui rendent la place zurichoise importante.

"Comme elles sont ici, nous avons des volumes et amenons de l'efficacité. Tous les acteurs de notre Bourse en profitent", selon Alexandre Zeller. Et si le géant zougois des matières premières Glencore n'est pas coté en Suisse mais à Londres, c'est parce que "SIX est avant tout connu pour la pharma, la chimie, le luxe, les denrées alimentaires et la finance."

Cotation de Six

Bien que SIX soit hautement rémunérateur, son président n'envisage pas une entrée en Bourse pour l'opérateur boursier lui-même, même si cela serait "sûrement très profitable à court terme".

Il craint "une hausse de la pression externe. Dans notre structure actuelle, nous sommes proches de nos actionnaires, qui sont également nos clients.

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