Bilan

Le ratio de levier des banques systémiques pourrait passer à 5%

L'agence Bloomberg affirme mardi que la Suisse s'alignerait ainsi sur les Etats-Unis, où le ratio de levier est déjà supérieur aux 3% préconisés par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire.

Le ratio d'endettement selon les normes internationales de Bâle III des deux principaux groupes bancaires helvétiques, UBS et Credit Suisse, se situent actuellement respectivement à 3,6 et 3,7%. Les deux établissements se retrouveraient donc à plus d'un point de pourcentage du nouvel objectif.

Crédits: Keystone

Le Département fédéral des finances (DFF) pourrait imposer aux banques d'importance systémique un ratio de levier d'au moins 5% du total de leurs actifs. L'agence Bloomberg affirme mardi que la Suisse s'alignerait ainsi sur les Etats-Unis, où le ratio de levier est déjà supérieur aux 3% préconisés par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire.

Dans un communiqué, le DFF n'a pas souhaité commenter les "spéculations" de la dépêche, renvoyant à son communiqué de février, où il est fait mention notamment de fin 2015 comme date butoir pour la présentation de propositions de modification législative par le groupe de travail.

Celui-ci est composé de représentants de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) et de la Banque nationale suisse (BNS), mais implique également des responsables des établissements financiers concernés. Selon Bloomberg, ceux-ci auraient "inondé" le groupe de travail de documents exposant leur position.

L'augmentation des réserves de capital imposée aux banques est une mesure qui a gagné en importance depuis l'éclatement de la crise financière en 2008. Selon des sources proches du dossier, un panel d'experts a été mandaté par le gouvernement suisse afin de suivre l'exemple américain, un des plus sévère en la matière.

MOINS DE FONDS POUR LES ACTIONNAIRES

Le ratio de levier selon les normes internationales de Bâle III des deux principaux groupes bancaires helvétiques, UBS et Credit Suisse, se situe actuellement respectivement à 3,6 et 3,7%. Les deux établissements se retrouveraient donc à plus d'un point de pourcentage (pp) du nouvel objectif.

"Des exigences plus élevées signifient que les banques disposeront de moins de capital à redistribuer à leurs actionnaires", relève Andreas Brun, analyste de la Banque cantonale de Zurich (ZKB), cité par Bloomberg.

Cette décision force les banques à conserver des amortisseurs en capital plus élevés, et de ce fait à mettre un frein à certaines de leurs activités les plus rentables. Les mêmes sources indiquent que les banques devraient être en mesure d'intégrer ce facteur dans leurs rapports trimestriels.

Le directeur général (CEO) d'UBS, Sergio Ermotti, qui a déclaré ne pas être opposé par principe à des normes plus contraignantes, critique cependant la mise en place en Suisse d'un taux de couverture calqué sur le modèle américain, arguant que les deux systèmes financiers ont autant en commun que "des pommes et des patates".

Parmi les différences, il évoque notamment le fait que le marché des créances titrisées est plus important aux Etats-Unis, ce qui a pour conséquence que les banques américaines peuvent transférer plus de risques liés aux prêts en convertissant ceux-ci en titres négociables.

En juin, M. Ermotti avait déclaré qu'une augmentation d'un point du taux de couverture se traduirait par des coûts supplémentaires à hauteur de 1 mrd CHF par an. L'alignement du système bancaire helvétique sur les règles en vigueur aux Etats-Unis profiterait avant tout au banques américaines, avait-il fait remarquer.

Si la mesure venait à être confirmée, UBS serait en mesure de s'y conformer sans avoir à recourir à une augmentation de capital, ce qui ne serait pas le cas pour Credit Suisse. Selon un analyste britannique, cité par Bloomberg, sans une augmentation de capital, le numéro deux bancaire se retrouverait en situation de déficit de capital dès 2018.

Bloomberg rappelle que les actifs cumulés des deux mastodontes bancaires helvétiques totalisent 1830 mrd CHF, soit trois fois le produit intérieur brut (PIB) national, ce qui les rend proportionnellement plus dangereux que leurs homologues dans les autres pays.

A la Bourse suisse, Credit Suisse et UBS réagissaient négativement à ces annonces, les deux titres perdant respectivement 1,1% à 23,90 CHF et 1,2% à 18,80 CHF. Le SMI baissait quant à lui de 0,28% à 12h37.

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