Bilan

Le Qatar réduit sa participation dans Credit Suisse

Le fonds souverain qatari a réduit son engagement dans Credit Suisse et détient désormais 15,91% en positions d'achat, contre 17,98% précédemment.

Peu après l'éclatement de la crise, certains intervenants du marché spéculaient sur un désengagement du Qatar dans Credit Suisse.

Crédits: Keystone

Le Qatar a réduit son engagement dans Credit Suisse. Selon les indications fournies mercredi par l'opérateur de la Bourse SIX, le fonds souverain qatari détient désormais 15,91% en positions d'achat, contre 17,98% précédemment. La part de nominatives se monte à 4,936% du capital-actions. Début mai, Qatar Holding LLC en détenait 5,01%, au-dessus du seuil d'annonce de 5%.

Sollicitée par AWP, la banque n'a pas souhaité commenter cette nouvelle.

Il s'agit de la première réduction depuis l'entrée de l'Etat du Golfe dans l'actionnariat de Credit Suisse en 2008, au plus haut de la crise financière, après l'effondrement de Lehmann Brothers. Grâce aux investisseurs qataris, le numéro deux bancaire helvétique avait pu engranger 10 mrd d'argent frais, se recapitalisant dans la foulée.

La situation a bien changé depuis, en raison de la crise diplomatique dans le Golfe. Le Qatar subit un isolement imposé par certains voisins, à savoir l'Arabie Saoudite, l'Egypte, les Emirats arabes unis (EAU) et Barhein.

L'Emirat est accusé de financer des groupes terroristes, ce qui lui a valu la rupture des relations diplomatiques avec les pays susmentionnés, qui ont imposé des sanctions économiques. La Lybie, le Yémen et les Maldives se sont associés à ce mouvement.

Boycott dans le Golfe

Peu après l'éclatement de la crise, certains intervenants du marché spéculaient sur un désengagement du Qatar dans Credit Suisse, conditionnant ce retrait à la pleine efficacité des sanctions économiques.

Certaines grandes banques qui sont en affaire ou entretiennent un partenariat avec le Qatar subissent d'ores et déjà des conséquences. La semaine dernière, le "Financial Times" rapportait que les EAU ont informé Barclays, Deutsche Bank et Credit Suisse qu'ils n'obtiendraient plus de mandats publics dans le pays. Ces grandes banques ont vu différentes transactions leur passer sous le nez ces derniers mois, a-t-on entendu dans les marchés.

Le désengagement partiel des Qataris n'est pas lié à la marche des affaires de Credit Suisse, assurent certains observateurs, pour qui un tel scénario serait peu probable. La banque aux deux voiles a certes donné des cheveux blancs aux investisseurs et aux analystes dernièrement avec son processus de recapitalisation. La situation s'est améliorée depuis, la restructuration en cours semblant porter ses fruits.

Cette annonce profitait à la nominative Credit Suisse, qui s'enrobait vers midi de 0,6% à 14,64 CHF, dans un SMI en hausse de 0,41%. Le titre a rebondi de près de 50% depuis son plus bas d'il y a un an, où le cours avait passé sous les 10 CHF.

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