Bilan

Le professeur Brunetti loue les interventions de la BNS

Après la suppression du taux plancher en 2015, "un élément crucial a été que la BNS a continué à combattre une appréciation excessive du franc sans indiquer de limite", explique M. Brunetti.

L'ancien chef économiste du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) ne se prononce pas sur la fin des pressions sur le franc.

Crédits: Keystone

Le fait que l'économie suisse se porte bien malgré la force du franc est aussi à mettre au crédit de la Banque nationale suisse (BNS), affirme le professeur d'économie Aymo Brunetti. La valorisation "contrôlée" du franc a permis aux entreprises de faire des planifications sûres.

Après le choc qui a suivi la suppression du taux plancher de 1,2 franc pour un euro en janvier 2015, il est "remarquable que le pays ne soit pas tombé en récession et que les exportations ne se soient pas effondrées", relève M. Brunetti dans un entretien diffusé vendredi par les journaux alémaniques Basler Zeitung et Luzerner Zeitung. L'économie suisse a fait preuve d'une résistance surprenante, estime-t-il.

"Un élément crucial a été que la BNS a décidé de continuer à combattre une appréciation excessive du franc sans indiquer de limite", explique M. Brunetti. Cela a été extrêmement important pour la planification des entreprises. "Pourtant, le changement structurel du secteur des exportations s'est encore accéléré de manière sensible", note-t-il.

Libre circulation

L'ancien chef économiste du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) ne se prononce pas sur la fin des pressions sur le franc. Il voit un risque qui pourrait à nouveau toucher la zone euro l'année prochaine. "Cela ferait à nouveau partir le franc à la hausse", dit-il, pointant les élections dans plusieurs pays européens.

M. Brunetti soutient la mise en oeuvre de l'initiative anti-immigration de l'UDC en passant par une préférence nationale "light". "L'initiative n'est pas vraiment appliquée, mais c'est un premier pas pour juguler la forte immigration".

L'économiste se dit convaincu que "la libre circulation des personnes dans l'Union européenne (EU) ne survivra pas dans sa forme actuelle dans les cinq à dix prochaines années". La Suisse doit donc temporiser et "suivre dès que la libre circulation des personnes est adoucie dans d'autres pays de l'UE".

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