Bilan

Le produit des opérations d'intérêts est supérieur aux commissions

Le produit des opérations d'intérêts, qui progresse malgré l'introduction de taux négatifs par la BNS, est du notamment à l'évolution des crédits hypothécaires.

Afin de maintenir son avance, la place financière helvétique doit impérativement miser sur sa capacité d'innovation.

Crédits: Keystone

En 2015, pour la toute première fois en Suisse, les opérations d'intérêts ont généré un produit plus important (24,8 mrd CHF) que les commissions et services (22,4 mrd). Cette situation s'explique notamment par la réticence de la clientèle à renouveler des investissements devenus peu rentables en raison du niveau des taux, a expliqué jeudi Martin Hess, responsable Politique économique de l'Association suisse des banquiers (ASB), avant d'ajouter qu'il ne s'attend pas à une nouvelle détérioration en 2016.

Le fait que le produit des opérations d'intérêts progresse malgré l'introduction de taux négatifs par la banque nationale est à mettre sur le compte avant tout de l'évolution des crédits hypothécaires, qui totalisaient 924,7 mrd CHF au bouclement de 2015. Ces derniers ont vu leur progression se tasser régulièrement, passant de 5,2% en 2011 à 2,7% en 2015, une situation que M. Hess qualifie de "parfait atterrissage en douceur".

Selon l'expert, il faut y voir les effets des mesures régulatoires prises par les banques dans ce secteur d'activité. "Cela démontre aussi la solidité de la place financière suisse", qui est bien positionnée en cas de "choc de taux d'intérêts". M. Hess a également relevé que sur les nouvelles affaires, 1,6% étaient conclues en ligne, signe que dans ce segment aussi, la révolution technologique est en marche.

Concurrence internationale dans la gestion de fortune

Pour ce qui est de la gestion de fortune transfrontalière, la Suisse est toujours numéro un mondial avec 25% de part de marché, indique l'ASB. Fin 2015, les actifs sous gestion (AuM) de clients étrangers se montaient à 3238 mrd CHF, un peu moins de la moitié du total géré en Suisse.

La Suisse reste une place attrayante pour la gestion de fortune internationale, assure M. Hess, mais la concurrence, notamment asiatique, connaît une croissance beaucoup plus rapide. "Actuellement, Hong Kong et Singapour représentent ensemble 18% du marché mondial", mais affichent un taux de croissance provisionnel de 10% à l'horizon 2020, contre à peine 2,6% pour la Suisse a précisé M. Hess.

Se référant à une étude de Boston Consulting Group (BCG), l'expert indique que le volume global d'actifs financiers devrait croître d'environ un quart à l'échelon international pour atteindre 221'100 mrd CHF à l'horizon 2019. "A l'heure actuelle, la Suisse participe moins que la moyenne à la croissance de ce segment", a déploré l'économiste.

Afin de maintenir son avance, la place financière helvétique doit impérativement miser sur sa capacité d'innovation. M. Hess cite par exemple la banque numérique ou encore les placements durables. Il a également insisté sur la nécessité pour les gestionnaires basés en Suisse de pouvoir accéder marché européen pour assurer la croissance.

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