Bilan

Le private equity exige des stratégies différenciées

A la recherche de rendements, les investisseurs se tournent vers les actifs privés. La demande est en hausse pour ce type de placement.

Les anciens élèves de l'EPFL sont nombreux à orienter leur stratégie d'investissement vers les start-up du campus.

Crédits: Gilles Nahon / Nahon.ch

Impossible de passer à côté du private equity en 2017, que ce soit au niveau des investissements ou à celui des rapprochements et autres partenariats stratégiques. Et les exemples abondent. L’une des figures de proue de l’investissement dans ce secteur en Suisse, Partners Group, dépasse régulièrement les attentes lors de ses résultats intermédiaires. Il a récemment confirmé un objectif de collecte de fonds de 10 à 12 milliards d’euros pour l’exercice 2017!

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En janvier dernier, la banque genevoise UBP a d’ailleurs annoncé une alliance stratégique avec Partners Group, matérialisée notamment par un fonds de placement cogéré par les deux entreprises. Cet été, Oddo BHF est entré en négociations exclusives pour reprendre le pôle d’investissement dans des fonds de capital-investissement du groupe de gestion indépendant ACG Capital. Mirabaud Asset Management s’est aussi lancé dans le private equity cet été, avec un premier fonds thématique dédié aux «entreprises du patrimoine vivant» dans le secteur du luxe et du lifestyle.

Les actifs liquides, priorité après 2008

Ces opérations visent à satisfaire une demande croissante pour ce type d’investissement. «Après la crise de 2008, la priorité des investisseurs était d’avoir des actifs liquides, relève Didier Rabattu, directeur de la gestion actions chez LOIM. Aujourd’hui, c’est la recherche de rendements qui a pris le dessus. Nous le voyons notamment dans l’essor du private equity au sein de LOIM. Alors qu’il y a une dizaine d’années ce segment était marginal, il représente aujourd’hui plus de 2 milliards de francs dans nos actifs sous gestion».

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Les multiples sont-ils trop élevés? Preqin, société de recherche dans le private equity, a publié le mois dernier un sondage indiquant toutefois que les investisseurs s’interrogent sur les rendements futurs. Près de la moitié d’entre eux estiment que les rendements à long terme sur la classe d’actifs vont baisser; un quart seulement s’attend encore à une hausse. Toutefois, sur trois ans, les investisseurs sont 38% à avoir enregistré des performances supérieures à leurs attentes sur leurs investissements en private equity. 

«Des multiples acceptables»

«L’exposition à cette classe d’actifs demeure nécessaire», estime Johnny El Hachem, CEO d’Edmond de Rothschild Private Equity. En effet, explique le spécialiste, le dry powder (ou stock disponible de montants sous gestion destinés à être déployés) est à un niveau historiquement haut. Cette situation pousse les multiples d’acquisition à la hausse. «En revanche, les gérants opérant dans une niche et qui appliquent avec discipline une stratégie différenciante et gèrent leurs participations avec une approche opérationnelle continueront à déployer à des niveaux de multiples acceptables et ainsi seront en mesure de générer de bonnes performances.»

Les acteurs internationaux ont aussi mis l’accent sur cette classe d’actifs. Pas moins de six spécialistes de Barings étaient de passage à Genève récemment pour parler du thème «Rechercher le rendement dans les actifs privés». L’équipe global private finance du groupe a lancé la stratégie global private junior capital, orientée vers le financement d’entreprises de taille moyenne, et annonce 12% de rendements net annuels.

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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