Bilan

Le patron de Goldman Sachs déconseille d'investir en Chine

Le président de la puissante banque d'investissement américaine Goldman Sachs a fustigé certaines mesures de politique économique de Pékin.

Lui même "n'investirait pas en Chine juste en ce moment", a ajouté le patron de Goldman Sachs.

Crédits: AFP

Le président de la puissante banque d'investissement américaine Goldman Sachs, dans un entretien au "Wall Street Journal" diffusé jeudi, a fustigé certaines mesures de politique économique de Pékin et estimé que ce n'était pas le moment d'investir en Chine.

Les interventions du gouvernement pour enrayer la spectaculaire dégringolade des Bourses chinoises cet été, notamment à coup d'achats massifs de titres par un organisme public, "étaient maladroites" et "confuses", a jugé Lloyd Blankfein.

Avec d'ailleurs des résultats extrêmement mitigés: la place shanghaienne s'affiche toujours en chute d'environ 40% depuis la mi-juin.

Les autorités communistes "n'ont pas beaucoup d'expérience pour gérer (ce type de situation) sur les marchés", a-t-il commenté.

De façon très inhabituelle, M. Blankfein a par ailleurs exprimé ses inquiétudes sur l'essoufflement de la deuxième économie mondiale.

"Les dirigeants (chinois) savent où se situent les problèmes" et "sont intelligents à ce propos", mais "c'est très difficile" de mettre en oeuvre les changements nécessaires, a-t-il soupiré.

Lui même "n'investirait pas en Chine juste en ce moment", a ajouté le patron de Goldman Sachs.

Des déclarations surprenantes, étant donné que Goldman Sachs est considérée comme résolument optimiste sur les perspectives de la Chine, en dépit du ralentissement persistant de l'activité économique.

La succession de statistiques décevantes --demande terne, contraction du secteur manufacturier-- et la débâcle boursière estivale ont ravivé les craintes de voir caler durablement l'un des principaux moteurs de la croissance mondiale.

De fait, l'OCDE a légèrement abaissé mercredi ses prévisions de croissance mondiale à 3,0% cette année puis 3,6% l'an prochain (contre 3,1% et 3,8% précédemment), en raison des difficultés des grands pays émergents.

"Les autorités chinoises sont confrontées à des défis de politique économique pour maintenir la croissance tout en avançant sur les réformes structurelles et en gérant les risques" alimentés par cette transition, a souligné l'institution dans son rapport.

Alors que la Chine devrait enregistrer cette année son plus faible niveau de croissance du PIB depuis un quart de siècle, Pékin tente de rassurer en évoquant une "nouvelle normalité" et en pointant ses efforts de rééquilibrage vers un modèle économique plus centré sur la consommation intérieure.

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