Bilan

Le pari gagné d’un jeune gérant genevois

Entre banque traditionnelle et gérant de fortune, 1875 Finance a vu ses fonds sous gestion quasiment doubler en dix ans. Ils devraient atteindre les 10 milliards d’ici à 2020.

Les associés (de g. à dr.): Aksel Azrac, Olivier Bizon, Jacques-Antoine Ormond et Paul Kohler.

Crédits: Lionel Flusin

«Nous n’entendons pas devenir demain une banque. Nous sommes simplement les précurseurs d’une nouvelle catégorie de compétiteurs: entre les banques traditionnelles et les gérants traditionnels», résume Paul Kohler, l’un des associés de 1875 Finance. Au printemps 2006, «aspirant à retrouver une relation privilégiée avec leurs clients», l’ancienne direction de Ferrier Lullin & Cie – composée d’Olivier Bizon, Paul Kohler et Aksel Azrac, ainsi que François-Michel et Jacques-Antoine Ormond – quittait l’institution pour créer 1875 Finance, sa propre structure de gestion de patrimoine et de family office. Une année plus tard, la jeune structure gérait déjà 4,5 milliards de francs. 

«En dix ans, notre masse sous gestion a quasiment doublé pour s’élever à un peu plus de 7 milliards de francs, avec près de 3 milliards pour la clientèle privée traditionnelle, 3,6 milliards via le multifamily office pour sept familles et 500 millions de francs pour l’activité dédiée à la clientèle institutionnelle. De 15 personnes, nous sommes passés à quelque 70 salariés. Alors qu’à l’origine, nous avons créé 1875 Finance sur la base d’une clientèle suisse ou ayant un lien avec notre pays, aujourd’hui nous nous tournons de plus en plus vers les places financières européennes», commente le président du conseil d’administration Olivier Bizon.

Pari gagné donc,  pour un modèle faisant de plus en plus ses preuves dans le paysage helvétique et européen. «Nous n’avions que 15% d’actifs non déclarés et non jusqu’à 80% comme certains. Cela nous a permis d’éviter le bain de sang lors de l’abandon du secret bancaire en 2010. Pour nous démarquer, nous avons souhaité augmenter les compétences de gestion et devenir un gérant contrôlé par la Finma. Tout d’abord en qualité de gérant de fonds (LPCC) et  aujourd’hui sur l’ensemble de nos activités», observe Jacques-Antoine Ormond, associé gérant.

En 2015, au terme de deux années intenses, 1875 Finance, encadrée dans sa démarche par deux auditeurs (KPMG et Baker Tilly Spiess), a décroché en effet son agrément pour l’ensemble de ses métiers: «Depuis cette obtention, nous vivons un phénomène d’aspiration. Nous avons engagé une vingtaine de personnes, dont une dizaine de gérants, et près d’un milliard de francs d’actifs sont rentrés, résume Paul Kohler. D’ici quelques années, sans doute deux ans, il y aura une vingtaine de très grands gérants régulés comme nous.» 

Un tournant pour la société financière, comme le confirme Aksel Azrac, senior partner en charge du multi-family office: «Avec ce sésame, nous avons accueilli de nouvelles familles. Fonctionnant comme une véritable clé de voûte de notre modèle, ces familles ne seraient tout simplement pas entrées en contact avec nous si nous n’étions pas régulés par la Finma.»

De Genève à Hongkong

Depuis son nouveau siège, 1875 Finance évolue avec confiance. «Nous recherchons des gérants de qualité ici à Genève, à Zurich (où la société a ouvert de nouveaux bureaux à la fin de l’année dernière) et également au Luxembourg. Pour ce dernier, nous venons de recevoir le passeport européen qui nous ouvre les portes d’une clientèle ayant des avoirs déposés en Europe», commente Jacques-Antoine Ormond, senior partner chargé de la clientèle privée. Ainsi, la société couvre désormais tant les besoins de ses clients en Suisse, en Europe et à l’international depuis Hongkong. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."