Bilan

Le niveau des créances douteuses est "bien trop élevé"

Les créances douteuses des banques européennes continuent de peser sur leur rentabilité, même si elles cessent d'augmenter, a déclaré le patron du fonds de soutien de la zone euro (MES).

Ces créances douteuses, ou prêts non performants, "sont élevées, autour de 900 milliards d'euros, mais elles n'augmentent plus", a relevé le patron du Mécanisme européen de stabilité.

Crédits: afp

Les créances douteuses des banques européennes restent "bien trop élevées" et continuent de peser sur leur rentabilité, même si elles cessent d'augmenter, a déclaré mercredi Klaus Regling, patron du fonds de soutien de la zone euro (MES).

Ces créances douteuses, ou prêts non performants, "sont élevées, autour de 900 milliards d'euros, mais elles n'augmentent plus", a relevé le patron du Mécanisme européen de stabilité lors d'une conférence donnée à Londres.

"Ce qui est positif c'est que les provisions (des banques) sont aussi relativement élevées", et qu'ainsi le ratio de couverture de ces créances s'est stabilisé au "niveau adéquat de 52%", a-t-il ajouté.

Mais "il ne s'agit pas de dire que nous pouvons nous reposer sur nos lauriers", car ce stock de 900 milliards d'euros est "bien trop élevé", "cela limite la croissance du crédit et la rentabilité".

Et Klaus Regling d'enchaîner: "Ces prêts sont inégalement répartis, les deux tiers (d'entre eux) concernent les pays du sud et l'Irlande. S'efforcer activement de les réduire libérera des montants significatifs de capital pour de nouveaux prêts, particulièrement dans ces pays".

Dans ce discours, distribué à la presse européenne, le patron du MES se livre à une comparaison du redressement du secteur bancaire américain avec celui de son homologue européen, depuis la crise des subprimes de 2008.

Selon lui, l'Europe n'a pas à rougir alors même qu'elle a subi "l'impact supplémentaire de la crise des dettes de la zone euro". "Les banques européennes ont augmenté sensiblement leurs ratios de rentabilité depuis la fin 2012, et ceux-ci sont désormais à des niveaux similaires des deux côtés de l'Atlantique", a-t-il dit.

Fin septembre, le Fonds monétaire international avait fait part de ses inquiétudes sur le niveau des créances douteuses en Europe (plus que doublé depuis 2009 à 1.000 milliards d'euros, selon ses chiffres), jugeant "urgent" de réduire leur volume afin de soutenir la progression des crédits, notamment pour les PME.

"Les effacements de créances dans les banques européennes sont bien plus faibles qu'aux Etats-Unis", déplorait notamment le FMI dans un rapport.

De son côté, Elke König, patronne du Conseil de résolution unique (CRU) des banques de la zone euro, avait estimé à la mi-février qu'une "bad bank", structure de défaisance permettant aux banques d'évacuer leurs créances douteuses, comme en Italie, serait une solution valable pour "de nombreux pays", sans plus de précisions.

Bruxelles et Rome avaient trouvé un accord fin janvier pour créer des véhicules de ce type, chargé d'abriter une partie des quelque 200 milliards d'euros de créances douteuses qui plombaient le bilan des banques italiennes.

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