Bilan

Le monde bancaire optimiste malgré l'explosion des Fintech

Les Fintech, sociétés spécialisées dans les technologies financières, vont bouleverser le mode de fonctionnement traditionnel de la banque.

Les Fintech offrant trois activités - dépôts, chéquiers et prêts - pourront dans les prochains mois solliciter une licence bancaire.

Crédits: Keystone

En dépit d'un environnement menaçant, avec notamment l'explosion des sociétés Fintech, et les conséquences du Brexit pour la place de Londres, le monde de la banque s'est affiché optimiste sur le marche des affaires lors du Forum économique de Davos cette semaine.

"Quand on tient son téléphone mobile, c'est comme si on avait une banque dans la main". Sauf que "c'est plus simple, plus facile, et beaucoup plus sûr de faire des paiements via son portable", et "c'est aussi beaucoup moins cher", a lancé, provocateur, le patron de Paypal, Dan Schulman, en tenue décontractée au milieu de banquiers plus formels.

Les Fintech (contraction de finances et technologies), ces nouvelles sociétés spécialisées dans les technologies financières, comme le paiement par mobile ou les monnaies virtuelles, telles que Pay Pal, ne sont plus vraiment nouvelles, mais elles vont bouleverser le mode de fonctionnement traditionnel de la banque.

Selon Francisco Gonzalves, patron de la banque espagnole BBVA, qui a participé jeudi à Davos une session sur les Fintech aux côtés de M. Schuman, l'avenir de sa banque est "radieux", car elle s'est engagée très tôt dans les nouvelles technologies.

Mais pour nombre des 20.000 banques dans le monde, moins prévoyantes, le "processus va être très douloureux" dans les prochaines années, avec à la clé de "nombreuses consolidations dans le secteur", a-t-il averti.

Les États-Unis ont annoncé en décembre dernier qu'ils allaient accorder des licences bancaires aux Fintech, une façon de réguler cette finance parallèle en plein boom depuis la crise de 2008.

Les Fintech offrant trois activités - dépôts, chéquiers et prêts - pourront dans les prochains mois solliciter une licence bancaire aux autorités américaines si elles le souhaitent, une initiative aussitôt fustigée par les petites banques.

Selon Eric Jing, qui dirige Alipay, la société de paiement en ligne du groupe chinois Alibaba, l'activité de ces sociétés financières va continuer à progresser de façon très rapide. "Au Tibet, a-t-il déclaré à Davos, les paiements via un téléphone portable, représentent 90% de tous les paiements électroniques".

Sereins

D'une manière plus générale, les patrons de plusieurs grandes banques internationales se sont montré sereins quant à l'avenir de leur secteur d'activité, au cours des nombreux séminaires, entretiens ou rencontres avec les médias, organisés cette semaine à Davos.

Jeudi, lors d'une session sur le futur du monde bancaire, les patrons bancaires ont estimé qu'après des années plombées par des réductions de coûts et l'accumulation des règlementations à respecter, l'horizon commence enfin à s'éclaircir.

Selon Brian Moynihan, PDG de la Bank of America, l'un des participants à cette session, "les milieux d'affaires sont en train de reprendre confiance, et l'économie américaine devrait connaître un taux de croissance d'environ 2% cette année".

Autre sujet de satisfaction pour le patron de la grande banque américaine : des gains de productivité grâce aux transformations induites par la numérisation dans les banques, ce qui va réduire leurs coûts et renforcer leur rentabilité, mais qui va priver de travail de nombreux employés.

Selon plusieurs études, l'automatisation des tâches répétitives des banques, notamment dans le secteur appelé "back-office", va se traduire par de nombreuses suppressions d'emplois.

Enfin, même les incertitudes politiques, liées au Brexit ou l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, ne troublent pas vraiment les banquiers, qui affichent pragmatisme et patience.

Pour Antonio Horta-Osorio, patron de la banque britannique Lloyds Banking Group, Londres devrait continuer à rester attractif pour les banques, à cause de ses bonnes infrastructures et son personnel qualifié.

Certaines banques, comme Goldman-Sachs ou HSBC, ont cependant déjà annoncé qu'elles allaient replier leurs troupes sur d'autres places financières, à Francfort et Paris.

Pour le patron de la grande banque suisse UBS, Sergio Ermotti, aucune décision n'a encore été prise quant à l'avenir de ses troupes à Londres.

Côté américain, Mary Callahan Erdoes, patronne de la banque américaine JP Morgan Asset Management, a relevé avec satisfaction que plus de la moitié des ministres de Donald Trump ont une expérience du monde des affaires, contre moins de 10% pour l'équipe Obama.

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