Bilan

Le Japon retrouve de la vigueur

Les analystes estiment que le moment est opportun pour investir à long terme dans les valeurs nippones. Pour le gourou Marc Faber, les titres des pétrolières sont attractifs.
Démonstration à Tokyo du robot de transport développé par Toyota. Crédits: Yoshikazu Tsuno/AFP

La victoire récente de Tokyo pour l’organisation des Jeux olympiques de 2020 s’inscrit dans un climat très favorable au Japon. Depuis le début de l’année, l’économie a retrouvé la croissance, après une déflation qui a duré près de deux décennies. En bourse, l’indice Nikkei des principales valeurs a bondi de plus de 40%. Vaut-il encore la peine d’investir sur les valeurs nippones?

Selon une étude récente de Nomura, l’investisseur qui privilégie le court terme ne gagnera pas. Dans les cas précédents d’attribution des JO, une performance négative du marché actions des pays sélectionnés a été généralement observée sur une période de cinquante  jours suivant l’annonce.

En revanche, pour un investisseur avec un horizon d’une à deux années, les valeurs japonaises sont attractives, estime Jun Yunoki, stratège chez Nomura. «Si les marchés ont déjà anticipé la hausse des bénéfices des entreprises japonaises, nous estimons qu’elle sera encore plus forte que prévue», explique-t-il.

«Les bénéfices des entreprises cotées sur le Nikkei vont croître en moyenne de 30% par an durant les trois prochaines années, renchérit un ex-gestionnaire de JP Morgan. Or, le ratio entre cours et bénéfice (P/E) s’élève aujourd’hui en moyenne à 15 pour les actions japonaises. C’est plus bas que les titres américains et ceux des autres pays développés.»

Sur le plan économique, des changements favorables aux entreprises sont attendus. Ce mois-ci, le premier ministre Shinzo Abe annoncera de nouvelles mesures pour redresser le pays. Elles visent à réduire l’impact négatif d’une hausse de 5 à 8% de la taxe sur les produits de consommation prévue en avril 2014.

«Un budget supplémentaire de 5000 milliards de yens (46  milliards de francs, ndlr) devrait être accepté. Les entreprises de construction en seront les principaux bénéficiaires», explique le stratège de Nomura.

Par ailleurs, les sociétés actives dans le commerce de détail pourraient elles aussi ressortir gagnantes. Une hausse plus importante des salaires des Japonais et une augmentation des prix des produits sont escomptés.

Au niveau fiscal, Shinzo Abe planifie aussi des réformes. Le taux d’imposition des entreprises, actuellement de 38% au Japon, est nettement plus élevé qu’en Chine (25%), en Corée du Sud (24,2%) ou à Singapour (17%). Le gouvernement pourrait le réduire en deux phases, à 35% en 2014 et de quelques pour-cent supplémentaires l’année suivante.

De plus, des avantages sous forme de crédits d’impôts pour les investissements sont prévus par le gouvernement. Selon Jun Yunoki, l’industrie des machines pourrait en profiter pour augmenter ses capacités de production.

Une épargne colossale

Atsuto Sawakami, directeur de Sawakami Asset Management, estime lui aussi que le moment pour investir dans les actions japonaises est opportun. Les caisses de pension publiques rencontrent de plus en plus de problèmes. Les Japonais craignent pour leur retraite.

«Ils recherchent donc des opportunités d’investissements, notamment sur le marché actions au Japon. La tendance est de privilégier des sociétés globales avec des bilans solides, comparables à Nestlé pour les investisseurs suisses. Toyota ainsi que les sociétés de négoce comme Mitsubishi Shoji et Marubeni pourraient intéresser les investisseurs japonais», relève-t-il.

L’épargne qui dort sur des comptes postaux et bancaires s’élève à environ 7300 milliards de francs, soit 1,7 fois le produit intérieur brut du Japon. «Ces fonds alimenteront, voire accéléreront la hausse du marché actions au Japon», anticipe Atsuto Sawakami.

Une fois n’est pas coutume, Marc Faber est lui aussi optimiste sur les actions japonaises. «Après vingt ans de baisse, elles pourraient surperformer les actions globales durant les prochaines années. Je ne les vois toutefois pas atteindre des sommets à court terme, à moins que le yen ne dégringole, mais cela semble peu probable», note le gourou des marchés financiers. Ce dernier relève que les actions des pétrolières semblent attractives.

Daniel Eskenazi

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