Bilan

Le héros des employés de banque se retire

Défenseur de nombreux employés de banque durant la crise des données avec les Etats-Unis, Douglas Hornung prépare sa retraite. L’avocat genevois garde de nombreux projets.

Douglas Hornung restera actif avec  le site divorce.ch.

Crédits: Nicolas Righetti/lundi13

A tout juste 64 ans, Me Douglas Hornung annonce vouloir se consacrer désormais à ses loisirs et à sa famille. L’avocat genevois est sur le point de remettre son étude située rue du Général-Dufour à Genève en laissant aux repreneurs sa magnifique bibliothèque et tous ses ouvrages de droit. 

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L’homme est médiatique depuis qu’il a publiquement pris la défense d’une quarantaine d’employés de banque ou de tiers (sur 1000 procédures) menacés par leurs employeurs de transférer des données vers les Etats-Unis. «J’ai toutes les grandes banques et toutes les grandes études contre moi, et je gagne!», se réjouit l’homme de loi, qui affirme n’avoir jamais agi pour gagner de l’argent: «Je n’ai demandé qu’une provision de 15 000 francs à mes différents clients pour procédures qui durent depuis des années.»

Son seul regret? Ne pas pouvoir terminer les démarches judiciaires jusqu’au Tribunal fédéral: «D’autres le feront à ma place et je continuerai à collaborer avec eux», assure-t-il. Pour l’heure, la bonne nouvelle, c’est que Credit Suisse a jeté l’éponge et n’a pas recouru au Tribunal fédéral contre l’arrêt de la Cour confirmant l’illicéité de la transmission de 1623 données d’une ancienne employée.

Le Genevois – qui n’a pas une goutte de sang anglo-saxon malgré son prénom – se retire toutefois quelque peu amer face au Gouvernement suisse qu’il compare volontiers au régime de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale. «Si l’on remonte dans le temps, c’est la dernière fois qu’un pays a trahi ses propres citoyens en les balançant sans vergogne à une puissance étrangère.»

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Sans tabou, il accuse le Conseil fédéral d’avoir laissé les banques transférer des données de leurs employés et de tiers à une autorité pénale étrangère. «Aucun tribunal n’a traité du fond de cette affaire. Ils se sont contentés de faire la balance des intérêts alors que, en soi, la transmission de données en dehors des règles de l’entraide est parfaitement illicite.» Il se réfère à la Finma, à l’Office fédéral de la justice ainsi qu’à Eveline Widmer-Schlumpf. Tous ont en effet déclaré officiellement qu’il fallait une base légale formelle, soit une loi, pour permettre la transmission de ces données. 

Uberiser la profession

Aujourd’hui, Douglas Hornung, dont l’épouse est américaine, ne souhaite pas voyager aux Etats-Unis. Durant sa retraite, il préférera se rendre en République dominicaine, où il détient une propriété, ou peut-être en Indonésie, où il vient d’acquérir un terrain. Et puis l’avocat aimerait prendre des cours d’aviation et d’espagnol et, pourquoi pas, écrire un livre. «J’ai envie de m’amuser.» Parti de rien – son père était fleuriste et sa mère secrétaire – l’avocat dit avoir consacré toute sa vie à son travail. «Je n’ai jamais compté mes heures, week-ends compris.» 

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Douglas Hornung continuera à être actif en développant le site divorce.ch, qu’il a lancé en 2007 et qui permet de divorcer pour quelques centaines de francs, sans l’aide d’un avocat précisément. Moderne et visionnaire, il imagine aussi créer une plateforme pour des avocats sans bureau dédié mais avec toute l’infrastructure offerte, une sorte d’«uberisation» d’une étude d’avocats: «L’avenir c’est internet. Les études d’avocat traditionnelles, avec tous leurs frais, sont dépassées. Aujourd’hui, vous pouvez traiter de nombreux dossiers par vidéoconférences ou par e-mail, sans avoir à rencontrer le client physiquement.» Une chose est sûre, Douglas Hornung va certainement manquer à la profession.  

Chantal Mathez

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