Bilan

Le FMI défend les taux négatifs malgré des risques potentiels

Selon le FMI, les taux négatifs font, "dans la plupart des cas", baisser les coûts des crédits commerciaux et ont notamment accompagné une "accélération" du crédit dans la zone euro.

Le FMI reconnaît toutefois que d'autres établissements financiers pourraient voir leur "rentabilité" affectée.

Crédits: AFP

Le FMI a affirmé dimanche soutenir l'introduction de taux négatifs par certaines banques centrales face aux "risques importants" qui pèsent sur la croissance, tout en mettant en garde contre de "potentiels" effets pervers.

"Nous soutenons l'introduction de taux négatifs au vu des risques importants que nous identifions pour les perspectives de croissance et l'inflation", écrivent trois hauts responsables du Fonds monétaire international dans un blog.

Au cours des dernières années, six banques centrales, dont la BCE en Europe, ont pris la mesure sans précédent de faire payer les banques qui préfèrent stocker leur argent dans leurs coffres plutôt que de le prêter aux entreprises et aux particuliers.

Ces taux négatifs, qui sont également en vigueur en Suisse et depuis janvier au Japon, visent à desserrer les cordons du crédit pour soutenir l'activité et viennent renforcer le soutien monétaire massif et non-conventionnel apporté par certaines banques centrales.

"Même si l'expérience des taux négatifs nominaux est limitée, nous concluons pour le moment que dans l'ensemble, ils contribuent à fournir un stimulus monétaire supplémentaire et à assouplir les conditions financières", assure le FMI qui dévoile mardi ses nouvelles prévisons de croissance mondiale lors de son assemblée de printemps à Washington.

Mi-mars, la directrice générale du FMI Christine Lagarde avait déjà estimé que l'économie mondiale se porterait "moins bien" sans les taux négatifs mais c'est la première fois que l'institution détaille les bienfaits supposés de cette mesure, qui divise les économistes.

Selon le Fonds, les taux négatifs font, "dans la plupart des cas", baisser les coûts des crédits commerciaux, notamment ceux à destination des entreprises, et ont notamment accompagné une "accélération" du crédit dans la zone euro.

L'institution estime également que certaines banques seront gagnantes en profitant d'une meilleure qualité de leurs créances et d'une hausse globale des demandes de crédit.

Le FMI reconnaît toutefois que d'autres établissements financiers pourraient voir leur "rentabilité" affectée et décider de se tourner vers des activités "excessivement risquées" pour combler leur manque à gagner.

L'institution redoute également que l'assainissement "vital" du bilan des entreprises ne soit retardé par cette mesure et craint qu'elle n'ouvre par ailleurs un cycle d'"emballement et d'effondrement" du prix des actifs.

"Ces risques potentiels requièrent une surveillance attentive et un contrôle des autorités de supervision", estime le FMI.

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