Bilan

Le dollar grimpe, l'économie américaine s'essouffle

L’appréciation du dollar force la Réserve fédérale américaine à faire preuve de prudence avant de décider une hausse des taux d’intérêt.

Les analystes financiers pointent du doigt un “coupable idéal”: le dollar.

Crédits: Dr

0,2%. Le pourcentage anémique de la croissance américaine, au premier trimestre de cette année, a de quoi inquiéter Washington. La croissance de la consommation des ménages, qui représente environ deux-tiers du PIB américain, s’est contractée à 1,9%, alors qu’elle avait augmenté de 4,4% au dernier trimestre de 2014, comme l’indique le Bureau of Economic Analysis du Département américain du Commerce (BEA). L’investissement immobilier a aussi passablement ralenti le trimestre dernier, puisqu’il n’a cru que de 1,3% au lieu de 3,8% lors des trois derniers mois de 2014.

Plusieurs facteurs expliquent cet essoufflement de l’économie américaine. A cause notamment d’une dispute syndicale qui a passablement fait ralentir l’activité des ports californiens, les exportations nettes ont perdu 7,2% lors du premier trimestre. Les investissements des entreprises ont aussi nettement diminué.

Les analystes financiers pointent également du doigt un “coupable idéal”: le dollar. Ces derniers mois, sa hausse a eu des conséquences sur la compétitivité des exportateurs américains. “L’impact de l’appréciation du dollar ne freine pas seulement la croissance économique, mais aussi l’inflation, réagit dans les colonnes de FXStreet Philip Marey, analyste pour les Etats-Unis chez Rabobank. Paradoxalement, la force du dollar est en majorité causé par la perspective d’un durcissement de la politique monétaire de la Fed.”

Fragilité du marché de l'emploi

La Réserve fédérale américaine a décidé dans un communiqué publié mercredi de ne pas toucher aux taux d’intérêts pour l’instant. Elle a justifié sa retenue par la fragilité du marché de l’emploi:  "Le Comité estime qu'il sera approprié de relever l'objectif pour les taux des fonds fédéraux quand il aura constaté de nouvelles améliorations sur le marché du travail et sera raisonnablement confiant que l'inflation revienne vers son objectif de 2% à moyen terme", indique-t-elle.

La baisse des investissements dans le secteur énergétique aux Etats-Unis, en raison de la chute des prix du pétrole notamment, fait pour l’instant du tort à l’économie américaine. Plusieurs analystes financiers, dont Guy Berger chez RBS dans le Connecticut, s’attendent néanmoins à ce que la croissance américaine reprenne des couleurs, mais ils préviennent que l’appréciation du dollar pourrait atténuer l’ampleur de ce rebond.

La force du dollar a soutenu au premier trimestre les exportateurs helvétiques, qui devaient composer avec un franc suisse fort. Les exportations suisses avaient passablement souffert en février après la suppression du taux plancher pour le franc en janvier. Mais étant donné que 19% des transactions de l’industrie helvétique se font en dollars, l’appréciation du dollar depuis le début de l’année et la parité entre la monnaie américaine et le franc ont constitué une bonne nouvelle pour l’industrie suisse. Depuis fin avril, toutefois, la tendance semble s'inverser. Le dollar est retombé sous les 93 centimes, après avoir valu plus de 1 franc suisse mi-mars.
Le dollar a également faibli légèrement depuis mi-avril contre l'euro, reculant d'un niveau proche de la parité pour s'établir aux alentours de 1,12.

Jean-Cosme Delaloye

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