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Le bilan de Deutsche Bank scruté de près face à l'amende record

La menace d'une amende record aux Etats-Unis va braquer jeudi les projecteurs sur les résultats de Deutsche Bank, alors que son nom est cité dans environ 8.000 litiges dans le monde.

Deutsche Bank a déjà mis de côté 5,5 milliards d'euros pour affronter ses divers problèmes avec la justice.

Crédits: Reuters

La menace d'une amende record aux Etats-Unis va braquer jeudi les projecteurs sur les résultats trimestriels de Deutsche Bank, les craintes sur la solidité financière de la première banque allemande risquant de se propager au système bancaire européen.

"Il sera important de surveiller l'évolution des provisions pour les risques juridiques", à savoir ces sommes réservées par le groupe pour faire face aux possibles amendes et condamnations, souligne à l'AFP l'analyste d'Equinet Philipp Hässler.

Deutsche Bank a déjà mis de côté 5,5 milliards d'euros pour affronter ses divers problèmes avec la justice, alors que son nom est cité dans environ 8.000 litiges dans le monde pour des raisons très diverses.

Une somme qui a semblé bien maigre après l'annonce en septembre d'une possible amende record de 14 milliards de dollars réclamée par la justice américaine pour solder un ancien litige lié à la crise des prêts immobiliers à risque "subprime". En cours de négociations, cette amende pourrait toutefois être ramenée à 5,4 milliards, avait indiqué à l'AFP une source proche du dossier fin septembre.

Cette épée de Damoclès au-dessus de Deutsche Bank a fait plonger l'action en Bourse, tombée fin septembre à un point bas historique (9,90 euros).

Cela a au passage réveillé les inquiétudes sur la solidité du secteur bancaire européen en général et la crainte d'une nouvelle crise financière comme celle engendrée en 2008 par la chute de Lehman Brothers, alors qu'avant l'été, le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà qualifié Deutsche Bank de "source majeure de risque".

Le Britannique John Cryan, à la tête de Deutsche Bank depuis 2015, a dû monter en première ligne pour tenter d'apaiser les investisseurs et balayer les spéculations affirmant que le géant bancaire allemand avait besoin d'un plan de sauvetage de l'Etat.

Depuis, le titre Deutsche Bank s'est redressé à environ 13 euros, retrouvant à peu près son niveau précédant l'annonce de l'amende américaine, mais reste en baisse de plus de 40% depuis le début de l'année.

Nouvelle perte

Le marché surveillera également jeudi la performance de la banque d'investissement de Deutsche Bank, division phare du groupe, après les très bons résultats annoncés par ses rivales américaines comme Goldman Sachs et J.P Morgan.

"Il sera intéressant de voir si Deutsche Bank a pu enregistrer de bons résultats ou si la restructuration de la banque a conduit à une performance plus faible" que celles des banques américaines dans ce domaine, souligne Michael Seufert, analyste chez Nord/LB.

Engagée dans une lourde restructuration, se traduisant par la suppression en cours de 9.000 emplois, la banque allemande, qui souffre comme ses concurrentes des taux d'intérêt bas et d'une réglementation accrue, se retire d'un grand nombre d'activités et de régions. Elle a notamment réduit la voilure dans sa banque d'investissement.

Les investisseurs espèrent en apprendre également davantage jeudi sur le sort réservé à la filiale de détail Postbank, que Deutsche Bank espérait initialement vendre ou introduire en Bourse.

Les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset tablent pour le troisième trimestre sur une perte nette de 949 millions d'euros, après une très lourde de perte de 6,01 milliards d'euros essuyée à la même période un an plus tôt.

Deutsche Bank avait expliqué cette perte par de très lourdes dépréciations d'un montant de près de 6 milliards d'euros dans sa banque d'investissement et dans celle de détail, ainsi qu'une nouvelle provision pour risques juridiques de plus d'un milliard d'euros.

Sur l'ensemble de l'an dernier, Deutsche Bank avait enregistré une perte de presque 7 milliards d'euros et dû renoncer à verser un dividende à ses actionnaires, ce qu'elle n'avait pas fait même au plus fort de la crise financière.

Deutsche Bank n'a pas dévoilé de prévisions pour l'ensemble de l'année 2016.

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