Bilan

Le retour des stratégies de portage

La reprise du dollar incite à réviser certaines prévisions concernant l’évolution des grandes devises mondiales: euro, franc suisse, livre sterling, yen et yuan. Ce à quoi il faut s’attendre.

Devises Le rebond du dollar en février a certes surpris. Il peut être attribué à une confluence de facteurs, dont une correction technique et la crainte d’un ralentissement mondial (hors Etats-Unis) qui s’est révélé plus prononcé que prévu. Nous pensons notamment que la chasse au rendement (le carry trade) a aidé le dollar à progresser contre les devises des pays du G10, ce qui explique aussi pourquoi les devises émergentes à haut rendement ont bien résisté ces dernières semaines (voir graphique). Cela nous a incités à réviser certaines prévisions, tout en maintenant une opinion baissière sur le dollar.

Plus spécifiquement, nous avons abaissé nos prévisions pour l’EUR/USD. Nous voyons maintenant la paire terminer l’année à 1,20, contre 1,24 auparavant. Ce changement repose sur un ralentissement de la zone euro plus marqué que prévu. Il suggère que les monnaies à faible rendement telles que l’euro seront en difficulté à court terme. Cependant, les facteurs extérieurs ayant pesé sur la croissance dernièrement devraient s’inverser si les Etats-Unis et la Chine parviennent à un compromis, ce qui semble probable à ce stade. La reprise économique qui s’ensuivra devrait permettre à l’euro de s’apprécier par rapport au dollar, qui reste par ailleurs vulnérable à une hausse des primes de risque américaines en raison de l’explosion du double déficit.

S’agissant du franc suisse, nos prévisions demeurent inchangées. Il faut s’attendre à une appréciation très graduelle de l’EUR/CHF dans le courant de l’année, à mesure que la BNS maintiendra et intensifiera potentiellement sa position accommodante. 

En ce qui concerne la livre sterling, les données économiques et les attentes en matière de politique monétaire ne semblent pas peser lourd pour l’instant, car tout est suspendu aux négociations relatives au Brexit. Bien qu’un «soft Brexit» reste notre scénario de référence – ce qui propulserait la GBP à la hausse – il faut souligner que le marché a jusqu’à présent fait preuve d’une certaine complaisance en ce qui concerne le risque d’un Brexit dur, sans compromis avec l’Union européenne.

Nous sommes devenus plus prudents sur notre appel à la hausse du yen, du moins à court terme, car des développements positifs sur le front commercial soutiendraient l’appétit pour le risque et pénaliseraient les valeurs refuge. Toutefois, à terme, l’USD/JPY dépendra de l’évolution du dollar. Cela, conjugué à la sous-évaluation du yen, suggère que la paire USD/JPY devrait faiblir tout au long de l’année 2019.

En Chine, la stabilité financière et monétaire reste la priorité des dirigeants du pays. Nous restons constructifs sur le yuan en prévision d’un cessez-le-feu dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. 

Vasileios Gkionakis, Responsable de la stratégie FX globale Lombard Odier 

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