Bilan

Le rapport financier ne suffit plus

De plus en plus d’actionnaires, investisseurs, clients ou même citoyens réclament davantage aux entreprises. A savoir de connaître leur impact environnemental et social.

93% des 250 plus grandes entreprises mondiales en termes de revenu publient leurs résultats de durabilité. (Crédits: Image source/Getty images)

Combien de gigawatts l’entreprise a-t-elle consommés? Quelle quantité de CO2 a-t-elle rejetée dans l’atmosphère? En quoi s’est-elle améliorée? Les réponses à ces questions se trouvent dans les «sustainability reports» des entreprises. Des comptes rendus qui ont leur importance, tant à l’interne qu’aux yeux du grand public. «Avant, les parties prenantes demandaient des rapports individuels sur certaines questions, maintenant tout est réuni dans un document», affirme Rolf Schwery, directeur exécutif de Schwery, société spécialisée dans l’élaboration de ces rapports de durabilité. Ce sont surtout les grandes entreprises qui fournissent la leur chaque année: Swisscom, La Poste, Logitech mais aussi Lombard Odier, Raiffeisen ou la Banque nationale suisse.

L’une des références en matière d’indicateur européen sur la durabilité est l’ONG Global Reporting Index (GRI). A travers une multitude de données, ses lignes directrices visent à brosser un tableau complet de l’impact des entreprises. L’un des objectifs est de «décrire comment les sujets économiques, environnementaux et/ou sociaux sont liés à la stratégie à long terme, aux risques, opportunités et objectifs – y compris dans la chaîne de valeurs».

Ce n’est de loin pas le seul indice à disposition. Le professeur Jean-Marie Grether note que plusieurs concurrents font leur apparition. «Il va y avoir débat sur le degré de fiabilité ou d’intégrité des indicateurs, avec une forte variation de résultats entre compagnies de rating et entre pays. Les agences de rating déjà en place partent avec un avantage concurrentiel (elles disposent des données, de l’expérience et de la réputation), pour autant qu’elles parviennent à se faire reconnaître d’une façon ou d’une autre par les ONG et le secteur public.» Tom Whittles, porte-parole au sein de GRI, confirme: «Les rapports sur la durabilité sont désormais monnaie courante. Lorsque vous regardez les 250 plus grandes entreprises par revenu, 93% publient leurs résultats de durabilité, dont 75% selon le cadre du GRI.» Outre cette évolution, celle des mesures. «Nous avons conçu les standards de manière à ce qu’ils puissent être mis à jour régulièrement et individuellement pour refléter les changements des attentes de la société, par rapport au comportement des entreprises.»

Forte demande

La Fondation Renaissance a récemment présenté un nouvel outil d’évaluation pour établir le bilan ESG (environnemental, social et gouvernance) des PME. L’entité suisse, basée à l’Innovation Park de l’EPFL, tient un programme d’investissement dans les PME suisses et est soutenue par 40 fonds de pension. Christian Waldvogel, directeur associé, explique: «Nous voulions un outil ESG compréhensible par les PME.» C’est l’Université de Zurich qui a créé cet outil. Une cinquantaine de critères quantitatifs sont passés à la loupe, du taux de retour après un congé maternité à la couverture de la caisse de pension en passant par la structure de la PME.

Autrefois considérées juste comme un bonus, les demandes au sujet des ESG se multiplient. «Nous avons par exemple eu un fournisseur horloger qui doit répondre à un audit ESG de son site de production auprès des grandes marques qui le sollicitent, car eux doivent faire des audits et se sont engagés sur certains points», affirme Christian Waldvogel. Le rapport financier seul ne suffit plus. Les actionnaires et investisseurs réclament de réelles informations sur l’impact de l’entreprise.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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