Bilan

Le nombre de banques privées en Suisse continue de diminuer

Au cours des 18 derniers mois, 8 établissements ont disparu, a dénombré KPMG qui s'attend à ce que le mouvement de consolidation se poursuive. Par comparaison, la Suisse comptait encore 163 banques privées au début de la décennie -- le pays en compte 101 aujourd'hui.

Le cabinet KPMG publie chaque année une étude avec l'Université de Saint-Gall qui dresse un état des lieux du secteur.

Crédits: Keystone

Les secousses sur les marchés financiers en 2018 ont exposé les faiblesses d'une partie des banques privées en Suisse, dont le nombre ont continué de diminuer pour tomber à 101, selon une étude publiée jeudi par le cabinet KPMG. 

Au cours des 18 derniers mois, 8 établissements supplémentaires ont disparu, a dénombré le cabinet d'audit et de conseils qui s'attend à ce que le mouvement de consolidation se poursuive. Par comparaison, la Suisse comptait encore 163 banques privées au début de la décennie. 

"Ce qui est surprenant c'est que ce taux de consolidation n'ait jusqu'à présent pas été encore plus rapide", ont toutefois remarqué Philipp Rickert et Christian Hintermann, partenaires chez KPMG, en préambule de l'étude.

Le cabinet publie chaque année une étude avec l'Université de Saint-Gall qui dresse un état des lieux du secteur.

À la loupe

Elle s'appuie sur un panel de 87 banques privées, étudiées à la loupe à l'aide d'une série de critères financiers. UBS et Credit Suisse, les deux plus grandes banques helvétiques, en sont exclues afin de ne pas déformer le tableau d'ensemble compte tenu du poids de leurs activités.

Si 2017 avait été un meilleur cru pour le secteur grâce au rebond des marchés d'actions, 2018 a en revanche été année "très décevante", ont jugé les auteurs de l'étude. 

Seul un tiers des banques étudiées ont vu leur ratio coût-revenus s'améliorer. Le coefficient d'exploitation médian a augmenté de 1,9% pour atteindre 83,6%, un plus haut historique, alors que de nombreuses petites banques disposent d'une faible marge de manoeuvre pour réduire encore leurs coûts au moment même où leurs revenus s'effritent.  

Seulement 39% des banques privées ont vu leur marge opérationnelle s'améliorer, malgré la hausse des taux d'intérêt américains avec le resserrement monétaire qui s'était amorcé et avait soutenu leurs revenus. 

La valeur médiane des entrées de nouveaux fonds n'a pour sa part augmenté que de 0,2%, de nombreuses petites banques peinant à trouver de nouveau clients. 

"Alors que la prospérité s’accroît à l’échelle de la planète, les afflux nets de nouveaux capitaux des banques privées suisses stagnent", ont fait valoir les auteurs de l'étude, soulignant que la part de marché des banques privées suisses se rétrécit. 

Parmi les petites banques, beaucoup n'ont pas suffisamment fait évoluer leur stratégie et ne sont que trop peu présentes sur les marchés en croissance.

Succès durable

Un groupe de banques privées se détache toutefois, dont les avoirs sous gestion dépassent pour chacune la barre de 100 milliards de francs suisses. Ce niveau constitue la taille critique pour un "succès durable", a estimé le cabinet d'audit. Il leur confère une assise suffisante pour disposer d'un réseau international de succursales à l'étranger, s'étendre dans les économies émergentes et réaliser des économies d'échelle.

Les établissements de plus petite taille devront en revanche envisager de se vendre ou s'adosser à un concurrent pour continuer leur activité, a prévenu KPMG. 

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