Bilan

Landolt & Cie: «nous voulons rester indépendants dans un monde qui change radicalement»

Nonobstant les attaques dont a fait l’objet la Suisse ces derniers mois, sa place financière ne va pas disparaître du marché offshore, mais restera une adresse de choix pour la gestion transfrontalière, selon Pierre Landolt, Victor Bischoff et Christian Zanella, associés de Landolt & Cie. «Lorsque l’on voit la problématique de l’endettement dans les pays qui nous entourent, la Suisse conserve l’image d’un havre de stabilité, et nous ne pensons pas que les clients la quitteront en masse», estime Christian Zanella, qui dirigeait auparavant le private banking de la Banque Edouard Constant, puis EFG Bank à Genève. «La fiscalité va certainement changer, concède-t-il. La place financière va vers une transformation, mais qui dépendra largement de la solution adoptée. Si l’on va vers l’impôt libératoire, nous ne disposons pas encore de tous les éléments pour juger de son impact futur.»

Mais la banque privée lausannoise Landolt & Cie, qui n’a pas d’implantation à l’étranger, sait qu’elle doit s’adapter aux changements des conditions cadres. «Nous avions une clientèle suisse et européenne en majorité, et avons diversifié depuis trois ans en direction de l’Amérique latine et du Moyen-Orient, indique Pierre Landolt. C’est un équilibre qui nous plaît.» La sérénité des associés vient du fait que l’établissement a jusqu’ici plutôt bénéficié de la crise et du contexte agité: la masse sous gestion a doublé en moins de trois ans, indiquent les associés. «Ces trois dernières années, nous n’avons vu partir que quelques très petits clients», indique Christian Zanella. Peu de banques peuvent se prévaloir d’avoir gardé la quasi-totalité de leurs clients au cours de ces dernières années. «Nous voulons rester indépendants», affirme Christian Zanella.

Comme d’autres petits établissements de la place, la banque a fait le choix d’incarner un prestataire indépendant dans le conseil au client: «Le facteur discriminant du succès pour les banques suisses sera la performance et la qualité des services, et non plus le fait d’inonder les clients d’une pléthore de produits dont ils n’ont pas, la plupart du temps, compris les risques», souligne Victor Bischoff, ancien directeur général des finances de Sandoz (1987 à 1993), administrateur de Tiscali, Citco, Interoute Communications et du groupe Exor (Holding de la famille Agnelli). «Je sais que la moitié des banques pensent que les marges vont diminuer, poursuit-il. Et il est vrai que les clients ne paieront plus pour des produits incompréhensibles à des marges incroyables. Mais nous pensons que les gens vont toujours payer pour la qualité du service.»

 

LA STRATEGIE DE PLACEMENT DE LANDOLT & CIE

Actions Allemagne et Europe du Nord, le secteur technologies de pointe aux Etats-Unis. Surpondération de l’Asie, et en particulier l’Inde plutôt que la Chine.

Matières premières sous forme d’actions et de métaux physiques Or (7% du portefeuille) et pétrole (5%)

Obligations Privilégier les obligations d’entreprise et les durations courtes (3 ans). Dans une perspective de retour de l’inflation liée à la forte création monétaire, les obligations liées à l’inflation pourraient redevenir intéressantes.

Changes Perspectives baissières sur l’euro, et fortement baissières sur le dollar.

Conseil Dollar canadien, dollar australien, monnaies scandinaves, monnaies basées sur les matières premières et monnaies asiatiques (sélectivement).

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan.

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