Bilan

La Suisse reste sur la liste d'observation du Trésor américain

Le gouvernement américain maintient la Suisse sur la liste d'observation des possibles manipulateurs de devises, de même que la Chine, l'Allemagne, le Japon et la Corée du Sud.
  • Aux yeux du Trésor américain, la Suisse peut davantage s'appuyer sur les outils traditionnels de politique monétaire.

    Crédits: keystone
  • Au printemps dernier, les Etats-Unis avaient déjà critiqué les interventions massives de la BNS pour affaiblir le franc.

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Le gouvernement du président américain Donald Trump maintient la Suisse sur la liste d'observation des possibles manipulateurs de devises. Berne est sous surveillance, de même que la Chine, l'Allemagne, le Japon et la Corée du Sud.

Ces pays, qui contribuent au déficit commercial des Etats-Unis, sont surveillés pour leurs pratiques commerciales et sur le plan des devises.

Selon le rapport du Trésor américain sur ce thème, remis deux fois par an au Congrès des Etats-Unis et publié mardi, ces pays montrent des signes de manipulation des taux de change. Cependant, aucun d'entre eux ne peut être décrit comme un manipulateur de devises.

Durant ces derniers mois, le département du Trésor a certes laissé entendre qu'il comprenait la situation particulière de la monnaie helvétique en tant que valeur refuge. Il critique toutefois à nouveau les interventions à coup de milliards de la Banque nationale suisse (BNS) sur le marché des devises.

La Suisse est fortement intervenue sur le marché des changes du deuxième semestre 2016 à fin juin 2017 en achetant pour environ 58 milliards de dollars (56 milliards de francs) de devises. Le montant est en modeste baisse par rapport à l'année 2016.

Moins de pression sur la Suisse

La pression sur la Suisse a ensuite diminué après l'élection présidentielle française. La perspective de la normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a également eu un impact, estime le rapport. Depuis le début de l'année, le franc s'est nettement affaibli vis-à-vis de l'euro, mais s'est renforcé face au dollar.

Selon Washington, Berne a suffisamment de marge de manoeuvre pour déployer plus efficacement sa politique fiscale afin de soutenir l'activité économique. Aux yeux du Trésor américain, la Suisse peut également davantage s'appuyer sur les outils traditionnels de politique monétaire, comme les taux d'intérêt, pour lutter contre les pressions déflationnistes.

Le Département des finances appelle les autorités helvétiques "à améliorer la transparence des interventions sur le marché des changes", poursuit le rapport. Les Etats-Unis reconnaissent cependant que le déficit commercial avec la Suisse n'est pas si élevé, en tenant compte de la balance des services, positive pour Washington.

Pékin pas coupable

Au printemps dernier, les Etats-Unis avaient déjà critiqué les interventions massives de la BNS pour affaiblir le franc. Le président de la banque centrale helvétique, Thomas Jordan, avait expliqué à l'époque si la BNS intervenait ce n'était pas pour avantager la Suisse en sous-évaluant sa monnaie.

Par ailleurs, le gouvernement Trump a reconnu une fois de plus que la Chine n'était pas coupable de sous-évaluer le yuan pour doper ses exportations. Il place néanmoins Pékin sous surveillance.

Non seulement la Chine n'est pas classée comme un pays manipulateur de sa monnaie mais le gouvernement Trump se félicite à mots couverts des récentes mesures chinoises comme les contrôles de capitaux, qui ont permis d'éviter une dépréciation compétitive de la monnaie, le yuan (ou renminbi).

Excédent commercial persistant

Les Etats-Unis dénoncent néanmoins l'excédent commercial "persistant" de la Chine: 357 milliards de dollars en biens de juin 2016 à juin 2017. Ils réclament que le pays ouvre son marché aux biens et services américains. La Chine n'a pas été officiellement épinglée par le congrès américain pour manipulation du yuan depuis 1994.

Le Japon est à l'index parce qu'il détient "le second plus important excédent en biens commerciaux avec les Etats-Unis", à 69 milliards de dollars. Quant à l'Allemagne, il lui est reproché de cumuler un "très important" excédent des comptes courants (qui comprend les échanges commerciaux et les flux de capitaux), "le plus gros du monde" à 270 milliards de dollars.

"Cet excédent représente un surplus substantiel des revenus allemands par rapport aux dépenses", dit le rapport qui presse Berlin de doper sa demande intérieure. Taïwan, qui a réduit ses interventions sur les marchés des changes, a pour sa part été retiré de la liste des pays sous surveillance.

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