Bilan

La Suisse a adhéré à la Banque asiatique d'investissement

La Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures, lancée par la Chine, vise à soutenir un développement économique durable en Asie.

La BAII a été formellement constituée les 16 et 17 janvier à Pékin. La Suisse est le 37e pays à avoir achevé le processus d'adhésion.

Crédits: AFP

La Suisse finalise son adhésion à la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII). Elle a ratifié l'accord de création de l'institution et a versé sa première tranche au titre du capital à libérer, soit 28,26 millions de dollars.

Le délai référendaire, échu le 11 avril 2016, n'a pas été utilisé, a indiqué lundi le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) dans un communiqué. Les Chambres fédérales avaient donné leur aval en décembre 2015.

La nouvelle institution indépendante, lancée par la Chine, vise à soutenir un développement économique durable en Asie. Ce sont surtout les projets d'infrastructures dans les transports, l'énergie, le développement urbain et agricole, l'environnement ou encore les technologies qui devraient être ainsi financés.

Le soutien précoce de la Suisse à la fondation de cette institution renforce les relations avec la Chine et les pays environnants et offre aussi de nouvelles opportunités aux entreprises suisses, avait souligné le conseiller national Roland Büchel (UDC/SG).

Critiques à gauche

Le but de cette adhésion est surtout de placer la Suisse en bonne position financière et d'attirer la BAII en Suisse, par exemple à Zurich, avait vilipendé Carlo Sommaruga (PS/GE). L'objectif n'est pas de lutter contre la pauvreté ni de soutenir des projets de développement durable, avait-il ajouté.

Au final, le National avait donné son feu vert à l'adhésion par 133 voix, contre 56. Aux Etats, la chambre avait donné son aval quelques jours plus tôt par 41 voix sans opposition.

En qualité de membre à part entière, la Suisse pourra participer aux réunions du Conseil des gouverneurs et avoir accès au conseil d'administration, précise le DEFR. Grâce à la rapidité avec laquelle la Suisse a ratifié l'accord, elle pourra participer dès le début au développement de la BAII.

La BAII a été formellement constituée les 16 et 17 janvier à Pékin. La Suisse est le 37e pays à avoir achevé le processus d'adhésion, rejoignant notamment les trois principaux actionnaires, à savoir la Chine, l'Inde et la Russie. L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, l'Islande, Israël, le Luxembourg, Malte, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont également ratifié l'accord.

Versement de 28,26 millions de dollars

La participation de la Suisse au capital s'élève à 706,4 millions de dollars (690 millions de francs), dont 141,3 millions doivent être libérés. La voie de la Suisse compte pour 0,87%. Parallèlement au dépôt de l'instrument de ratification, la Suisse a également versé la première des cinq tranches dues au capital à libérer, soit 28,26 millions de dollars.

Le Conseil fédéral a nommé les conseillers fédéraux Johann Schneider-Ammann et Didier Burkhalter en tant que gouverneur et gouverneur suppléant de la banque. Au sein du conseil d'administration de la banque, la Suisse forme un groupe de vote avec le Danemark, l'Islande, la Norvège, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède.

Actuellement, ce groupe est représenté par une administratrice britannique. "A partir de cet été, la Suisse pourra désigner une administratrice suppléante, ce qui lui confère une bonne position pour avoir une influence réelle sur le développement de la banque", ajoute le DEFR.

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