Bilan

La saignée se poursuit pour EFG International

Le gestionnaire de fortune EFG International fait face à des sorties d'argent importantes depuis la reprise de la banque tessinoise BSI.

La saignée s'est poursuivie en 2017 pour le gestionnaire de fortune EFG International, qui fait face à des sorties d'argent importantes depuis la reprise de la banque tessinoise BSI. Le groupe zurichois a accusé des reflux plus importants que prévu par les analystes. Les objectifs à moyen terme sont reconduits après une année déficitaire.

Cité dans un communiqué, le directeur général (CEO) Giorgio Pradelli qualifie 2017 d'exercice de transition, marqué notamment par l'intégration de BSI en avril. Le groupe a finalisé l'acquisition de la banque tessinoise en décembre 2016 et affirme être devenu l'une des plus grandes banques privées de Suisse.

M. Pradelli a pris ses fonctions au début 2018. Il a remplacé Joachim Straehle, qui a pris sa retraite.

Le bénéfice net sous-jacent, qui exclut les effets non-récurrents, a été multiplié par deux sur un an, à 165,0 mio CHF, indique la banque mercredi.

Dans le détail, les coûts d'intégration se sont élevés à 134,1 mio CHF, tandis que les polices d'assurance-vie ont pesé à hauteur de 68,5 mio CHF sur le résultat. Le groupe a comptabilisé un amortissement intangible de 6,4 mio liés à BSI et une charge exceptionnelle de 15,8 mio CHF après une décision de justice défavorable à Taïwan.

Le résultat net attribuable aux actionnaires a plongé dans le rouge, à -59,8 mio CHF. EFG avait dégagé un bénéfice net de 225,3 mio l'année précédente. Malgré cette contre-performance, le conseil d'administration propose de maintenir le dividende à 0,25 CHF par action.

La banque zurichoise a subi un reflux net d'argent de 5,8 mrd CHF, pour une masse sous gestion en hausse de 2,0% à 142,0 mrd CHF. Les effets de change et les fluctuations du marché ont influencé négativement ces actifs à la fin de l'année.

L'érosion des actifs liée à BSI s'est élevée à 8,2 mrd, dans la fourchette des 8-9 mrd attendus par la direction.

En avance sur les synergies

Comme attendu, le produit d'exploitation a presque été doublé à 1,14 mrd et les charges ont explosé de 72% à 1,19 mrd CHF. La ratio coûts/revenus demeure très élevé à 85,9%, péjoré de 2,1 points sur un an. La marge brute a été améliorée de 3 points de base à 87 pb.

Les chiffres livrés par EFG sont mitigés. Le bénéfice net sous-jacent s'avère supérieur aux attentes du consensus AWP. Le dividende, les recettes brutes et les charges d'exploitation sont dans la cible. Les sorties d'argent, la masse sous gestion et le résultat net manquent le coche.

L'intégration de BSI a permis des synergies cumulées de 108 mio CHF à fin 2017, alors que la direction tablait initialement sur 50 mio. Les économies réalisées grâce à cette acquisition sont estimées à 240 mio CHF (avant impôts) au terme de l'exercice 2019.

Le nombre de conseillers à la clientèle a reculé à 644 personnes, contre 697 à fin 2016. Cette contraction s'explique par l'intégration de BSI et des efforts d'efficience, explique le communiqué. La masse sous gestion moyenne par conseiller s'élevait à 237 mio CHF à fin 2017, contre 212 mio une année auparavant.

La situation d'EFG au niveau de la capitalisation s'est détériorée sur un an, avec un ratio de fonds propres durs érodé de 0,5 point à 17,7%.

Pour l'exercice en cours, EFG va se concentrer sur la croissance et une base coûts amincie. Les objectifs stratégiques 2019 sont reconduits. Le groupe vise une croissance de la masse sous gestion générant des revenus de 3-6% en moyenne par année. L'objectif de marge brute est d'au moins 85 points de base.

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